La baisse rapide des coûts des technologies électriques reconfigure les trajectoires énergétiques des économies émergentes. Un rapport du think tank Ember, réalisé avec le Climate Vulnerable Forum, met en évidence un basculement progressif vers un modèle moins dépendant des énergies fossiles. Le Maroc, fortement tributaire des importations énergétiques, apparaît directement concerné par cette évolution.

Longtemps dominant, le modèle fondé sur les combustibles fossiles perd en pertinence à mesure que les solutions électriques — solaire, stockage par batteries et usages électrifiés — deviennent plus accessibles. Selon le rapport, les conditions économiques qui justifiaient ce modèle ne sont plus réunies, ouvrant la voie à des alternatives désormais compétitives.

Cette mutation intervient dans un contexte de forte dépendance des économies émergentes aux importations d’énergie. En 2024, ces pays ont consacré 155 milliards de dollars à l’achat de combustibles fossiles, accentuant leur vulnérabilité face aux fluctuations des marchés internationaux. Le Maroc illustre cette situation, les importations énergétiques représentant jusqu’à 79 % de son déficit commercial.

Face à cette contrainte structurelle, l’électricité produite à partir de ressources locales, notamment le solaire, modifie les équilibres économiques. Une fois les infrastructures installées, les coûts de production deviennent largement indépendants des variations des marchés internationaux, réduisant l’exposition aux chocs externes.

L’évolution des coûts constitue un facteur clé de ce basculement. Historiquement plus onéreux, le solaire est désormais compétitif, y compris en termes d’investissement initial. Au Maroc, cette inversion est visible : alors que le financement du solaire était plus coûteux que celui du gaz en 2015, la tendance s’est inversée une décennie plus tard.

Plus largement, les technologies électriques ont connu des baisses de coûts significatives, allant de 30 % à 95 % selon les segments. Cette dynamique touche à la fois la production, les équipements et les usages, rendant l’électrification progressivement accessible à une part croissante de la population.

Le rapport souligne également le rôle des systèmes solaires couplés à des batteries, capables de répondre à des besoins locaux sans recourir à des infrastructures lourdes. Dans certaines zones, notamment éloignées des réseaux, ces solutions apparaissent désormais plus économiques que l’extension des réseaux traditionnels.

Pour le Maroc, ces transformations dessinent une trajectoire énergétique alternative. Elles suggèrent qu’un modèle reposant davantage sur l’électrification et l’exploitation des ressources locales pourrait réduire la dépendance extérieure, tout en soutenant une croissance économique plus résiliente.

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