Le Maroc engage une nouvelle phase de sa stratégie énergétique avec le déploiement des Plans régionaux d’efficacité énergétique et de décarbonation (PREED), représentant un investissement global estimé à 48,5 milliards de dirhams. Présentés à Rabat lors de la première Journée nationale de l’efficacité énergétique, ces plans constituent la première cartographie énergétique complète des 12 régions du Royaume.

Élaborés sur une période de 18 mois en concertation avec les collectivités territoriales et les institutions publiques, les PREED identifient un potentiel d’économie de 2,8 millions de tonnes équivalent pétrole à l’horizon 2030, soit environ 13 % de la consommation nationale. Ils visent également une réduction de 14 millions de tonnes de CO₂, correspondant à près de 15 % des émissions du pays.

Cette démarche repose sur une analyse détaillée des consommations énergétiques par territoire et par secteur. Trois régions — Casablanca-Settat, Rabat-Salé-Kénitra et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma — concentrent plus de la moitié de la consommation nationale, avec une forte prédominance du transport, suivi du bâtiment, de l’industrie et de l’agriculture.

Les investissements prévus reflètent cette répartition. La région de Casablanca-Settat capte près de la moitié de l’enveloppe globale, en lien avec son poids économique et les gisements d’économie identifiés, tandis que les autres régions bénéficient d’investissements adaptés à leurs spécificités.

Les mesures envisagées couvrent plusieurs secteurs clés. Dans le transport, elles incluent le développement de véhicules hybrides et électriques. Dans le bâtiment, elles reposent sur l’intégration du solaire et l’amélioration de l’isolation thermique. L’industrie s’oriente vers l’autoproduction d’énergie et l’optimisation des équipements, tandis que l’agriculture privilégie des solutions comme le pompage solaire.

Quatre conventions ont été signées pour lancer la phase opérationnelle, notamment pour le déploiement de labels de performance énergétique dans les bâtiments, le suivi des plans régionaux et le renforcement des partenariats institutionnels.

Au-delà du diagnostic, les autorités insistent sur l’enjeu de mise en œuvre. Le passage à l’action constitue désormais le principal défi, dans un contexte où l’efficacité énergétique est présentée comme un levier central du développement économique, social et territorial.

Avec ces plans, le Maroc amorce une territorialisation de sa stratégie énergétique, en cherchant à traduire ses ambitions nationales en projets concrets à l’échelle des régions.

Avec Le Matin

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