Le Maroc veut passer de la mobilisation à l’action. À Rabat, le Secrétariat d’État chargé de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire et l’Office du développement de la coopération (ODCO) ont marqué, mercredi, la clôture officielle de l’Année internationale des coopératives, lors d’un événement organisé à l’hôtel Fairmont La Marina Rabat-Salé.
Placée sous le thème « Et maintenant, le tour est aux coopératives », la rencontre a été présidée par le secrétaire d’État Lahcen Es-saady, et s’inscrit dans le prolongement d’une année de mobilisation mondiale autour du modèle coopératif, promu par les Nations Unies comme levier de développement inclusif et durable.
“Les coopératives sont désormais en première ligne”
Au-delà de la dimension symbolique, les organisateurs ont insisté sur l’objectif de consolider une dynamique de synergie entre institutions, territoires et coopératives, avec l’ambition d’ancrer davantage le modèle dans l’économie réelle.
Dans son intervention, Lahcen Es-saady a estimé que l’Année internationale a permis de traduire une vision nationale en résultats concrets. Il a souligné que les coopératives ne sont plus seulement reconnues comme une composante sociale, mais qu’elles s’affirment désormais comme des acteurs économiques et territoriaux à part entière, appelés à jouer un rôle accru dans le développement du Royaume. Le responsable a également assuré que l’action publique continuera de placer les coopératives au cœur des politiques de l’économie sociale et solidaire, dans une logique d’inclusion, d’innovation et de création de valeur.
Un écosystème digital intégré pour accompagner les coopératives
Temps fort de la journée : le lancement officiel d’un écosystème digital coopératif intégré, développé par l’ODCO. Structuré autour de trois plateformes complémentaires, ce dispositif vise à accompagner les coopératives sur l’ensemble de leur parcours, depuis la montée en compétences jusqu’à l’accès au marché, en passant par la structuration des projets.
La directrice générale de l’ODCO, Aicha Errifaai, a indiqué que ce nouvel outil répond à la volonté de sortir d’un accompagnement fragmenté, pour proposer un parcours continu et structuré. L’objectif affiché est de renforcer les capacités des coopératives, faciliter la concrétisation de leurs projets et améliorer leur accès durable aux marchés, dans une logique d’impact mesurable et de performance collective.
Deux panels pour donner la parole aux institutions et aux coopératives
Les échanges ont été organisés autour de deux panels. Le premier, consacré aux acteurs de l’économie sociale et solidaire, a porté sur les réalisations du secteur, le rôle des partenariats et l’impact des politiques publiques. Le second panel a donné la parole aux coopératives elles-mêmes, à travers des témoignages sur leurs dynamiques d’innovation, leurs ambitions de développement et les défis à relever dans les prochaines années.
Un secteur en forte croissance
Selon les chiffres communiqués, le Maroc comptait à fin 2025 65.315 coopératives, regroupant près de 789.000 membres, dont plus de 272.000 femmes et 18.000 jeunes. Cette dynamique aurait permis la création de 24.558 emplois en une seule année, confirmant le modèle coopératif comme un levier de création d’emploi, d’inclusion économique et de croissance durable.
En clôturant l’Année internationale des coopératives, l’événement de Rabat a ainsi voulu envoyer un message clair : les coopératives marocaines disposent désormais d’un cadre renforcé pour agir, innover et contribuer à la construction d’une économie sociale et solidaire plus structurée.


