Le Maroc consolide sa position de leader africain dans la mobilité électrique, porté par une stratégie industrielle ambitieuse, une montée en puissance de la production locale et l’arrivée de modèles plus accessibles sur le marché. Selon une analyse de BMI-Fitch Solutions reprise par L’Economiste, le Royaume affiche des perspectives particulièrement encourageantes pour 2025 et 2026, avec une progression rapide des ventes de véhicules électriques et hybrides.

Les prévisions indiquent que les ventes de véhicules électriques particuliers pourraient augmenter de plus de 80% en 2025, atteignant plus de 5.300 unités et portant la part de marché à 2,6%, contre 1,9% l’année précédente. En 2026, la croissance serait encore soutenue, avoisinant 36% avec plus de 7.200 véhicules vendus. Les hybrides rechargeables devraient connaître une progression notable, plus marquée que celle des modèles 100% électriques, dans le prolongement d’une dynamique déjà bien installée en 2024, malgré un réseau de recharge encore limité hors des grandes villes.

L’un des principaux moteurs de cette évolution est l’essor de la production nationale. Neo Motors a dévoilé en octobre 2025 la Dial-E, premier modèle électrique entièrement conçu et assemblé au Maroc, dont la production débutera en janvier 2026. Renault renforce également sa présence industrielle, notamment avec une gamme électrique et hybride produite localement, créant plus de 7.500 emplois. Le constructeur fabrique déjà la Dacia Jogger PHEV depuis 2024 et détenait une forte part du marché électrique en 2023. De son côté, Tesla a annoncé un investissement initial à Kénitra pour l’implantation d’une unité d’assemblage capable de produire jusqu’à 400.000 véhicules par an.

Parallèlement à l’industrie automobile, le Maroc développe une véritable filière dédiée aux batteries, soutenue par ses ressources en phosphate. Plusieurs projets structurants ont été lancés dans ce domaine : COBCO a démarré la production de composants de batteries à Jorf Lasfar, Gotion High Tech a investi dans deux gigafactories supplémentaires, tandis que BTR New Material Group et Tinci Materials poursuivent leurs implantations dans les cathodes et les électrolytes. L’ensemble de ces investissements renforce la vision d’un écosystème complet, allant de la matière première aux véhicules finis.

L’Economiste rappelle toutefois que l’infrastructure de recharge demeure l’un des principaux défis. Le pays comptait près de 1.000 points à la fin de 2024, un niveau encore insuffisant pour accompagner pleinement la croissance du parc. Le segment des utilitaires électriques reste également limité, même si certaines villes avancent dans l’électrification des bus. Malgré ces contraintes, les projections tablent sur une nette progression, avec un parc de véhicules électriques particuliers qui pourrait dépasser les 236.000 unités en 2034.

Le gouvernement accompagne cette dynamique par une série d’incitations : exonérations fiscales, réduction des droits de douane, primes dédiées à l’achat et avantages sur l’assurance. L’arrivée de nouveaux acteurs comme BYD ou Zeekr renforce l’attractivité du marché, tandis que d’autres segments émergent, notamment le tourisme, les taxis, les flottes d’entreprise ou encore l’hydrogène vert, domaine dans lequel le Maroc dispose du pipeline de projets le plus important d’Afrique.

Cette combinaison d’investissements, de partenariats internationaux et de politiques publiques place le Maroc sur une trajectoire qui pourrait en faire, à l’horizon 2030, un véritable hub continental de la mobilité durable.

Avec L’Economiste

Ajouter un commentaire

Exit mobile version
×