La finance verte s’impose progressivement comme l’un des nouveaux terrains de coopération entre les grandes places financières émergentes. C’est dans cette perspective que Casablanca Finance City (CFC) et le Centre financier d’Istanbul (İFM) ont signé un accord de coopération destiné à développer les investissements, les services financiers innovants et les projets liés à la transition durable entre l’Afrique, le Maroc et la Turquie.
Paraphé à Istanbul par Saïd Ibrahimi, directeur général de Casablanca Finance City, et Ahmet İhsan Erdem, directeur général de l’İFM, cet accord vise à rapprocher les écosystèmes financiers des deux pays tout en facilitant l’accès des investisseurs aux marchés africains.
Au cœur du partenariat figure un volet consacré à la finance verte, considérée aujourd’hui comme un levier majeur de financement des transitions énergétique, climatique et industrielle. Les deux institutions prévoient de développer des initiatives communes dans les domaines des investissements durables, des services financiers numériques et de l’innovation financière.
L’accord prévoit également la création de programmes de formation universitaire et professionnelle dédiés aux nouveaux métiers de la finance, aux enjeux réglementaires ainsi qu’aux transformations technologiques qui redessinent le secteur financier mondial.
Pour Casablanca Finance City, cette alliance s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer son rôle de hub financier africain. Déjà positionnée comme porte d’entrée vers plusieurs marchés du continent, la place financière marocaine entend faciliter l’implantation des investisseurs turcs en Afrique et accompagner le financement de projets à forte valeur ajoutée.
Le rapprochement intervient dans un contexte de forte progression des relations économiques entre le Maroc et la Turquie. Les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint près de 5 milliards de dollars en 2025, un niveau historique que les deux partenaires souhaitent désormais prolonger par une montée en puissance des investissements croisés.
Au-delà des flux commerciaux, les deux institutions ambitionnent de favoriser la circulation des capitaux, le financement de projets durables et le développement de partenariats entre banques, fonds d’investissement, compagnies financières et entreprises opérant sur les marchés africains.
Cette orientation reflète une tendance de fond observée à l’échelle internationale. Face aux besoins croissants de financement liés à la transition énergétique, à la décarbonation des économies et à l’adaptation au changement climatique, les places financières cherchent à se positionner sur les nouveaux marchés de la finance durable.
Pour le Maroc, qui multiplie les initiatives dans les domaines des obligations vertes, de l’investissement ESG et de la finance climat, ce partenariat renforce la dimension internationale de son écosystème financier. Il confirme également le rôle croissant de Casablanca comme plateforme de connexion entre les capitaux internationaux et les opportunités d’investissement du continent africain.
En misant sur la finance verte, les services numériques et le développement des compétences, Casablanca Finance City et le Centre financier d’Istanbul cherchent ainsi à construire un nouveau corridor financier reliant l’Afrique, la Méditerranée et le Moyen-Orient autour des enjeux de croissance durable et d’investissement responsable.


