Les scénarios les plus pessimistes de réchauffement climatique d’ici la fin du siècle ont été revus à la baisse par plusieurs des principaux climatologues mondiaux, sous l’effet de la baisse massive des coûts du solaire et de l’éolien ainsi que des premières retombées des politiques climatiques engagées ces dernières années.
Les nouvelles projections élaborées dans le cadre du programme international Scenario Model Intercomparison Project (ScenarioMIP), utilisé pour alimenter les futurs rapports du GIEC, estiment désormais qu’un réchauffement mondial de 4,5°C d’ici 2100 apparaît de moins en moins plausible.
Les scientifiques abaissent désormais la limite supérieure du scénario le plus extrême à environ 3,5°C au-dessus des niveaux préindustriels.
Cette révision s’explique principalement par la transformation rapide du marché énergétique mondial.
En une décennie, les coûts de production de l’énergie solaire photovoltaïque ont chuté d’environ 90%, tandis que les batteries de stockage ont connu une baisse similaire grâce aux progrès technologiques et à l’industrialisation massive des filières.
Selon les chercheurs, cette évolution réduit fortement la probabilité d’un scénario mondial reposant encore massivement sur les combustibles fossiles d’ici la fin du siècle.
Les nouvelles projections prennent également en compte le ralentissement relatif des émissions mondiales observé ces dernières années ainsi que le renforcement progressif des politiques climatiques dans plusieurs régions du monde.
Les modèles climatiques reposent sur différents scénarios intégrant des variables telles que la croissance démographique, la consommation énergétique, l’évolution technologique, les politiques publiques, les tensions géopolitiques ou encore les changements d’usage des terres.
Les anciens scénarios extrêmes supposaient notamment une forte augmentation durable de l’usage des combustibles fossiles, l’abandon des politiques climatiques et une absence quasi totale de coopération internationale.
Ils envisageaient également une stagnation des progrès technologiques dans les énergies renouvelables et une dépendance accrue à des ressources fossiles encore non exploitées.
Même révisées à la baisse, les nouvelles projections restent toutefois largement supérieures aux objectifs de l’Accord de Paris.
Les scientifiques rappellent qu’un réchauffement de 3,5°C entraînerait malgré tout des conséquences majeures pour la planète, notamment des événements climatiques extrêmes plus fréquents, une élévation durable du niveau des mers, des pressions accrues sur les ressources en eau et des dommages irréversibles sur plusieurs écosystèmes.
Les chercheurs estiment également qu’un dépassement temporaire du seuil de 1,5°C pourrait déjà provoquer des dégâts durables sur certains écosystèmes sensibles, notamment les récifs coralliens et les forêts tropicales.
Dans les scénarios basés sur les politiques climatiques actuellement en vigueur, les projections évoquent désormais un réchauffement mondial situé autour de 2,5°C d’ici 2100.
Les scénarios les plus ambitieux, reposant sur une accélération rapide des politiques climatiques et une neutralité carbone mondiale, permettraient de limiter la hausse des températures autour de 2°C.
Les nouvelles simulations intègrent également davantage les réactions du système terrestre au réchauffement, notamment la capacité des océans et des forêts à absorber le CO2 à mesure que les températures augmentent.
Pour les climatologues, cette révision des scénarios extrêmes ne signifie toutefois pas que le risque climatique s’éloigne, mais plutôt que les choix technologiques, énergétiques et politiques actuels commencent à modifier concrètement certaines trajectoires mondiales d’émissions.
Avec euronews.com


