À Dakhla, le dessalement ne doit pas seulement produire de l’eau potable. Il doit aussi soutenir un nouveau périmètre agricole, préserver la nappe phréatique et créer une activité économique durable. Le projet visité par le ministre de l’Agriculture réunit ainsi sécurité hydrique, souveraineté alimentaire et développement territorial.
La future station disposera d’une capacité annuelle d’environ 37 millions de mètres cubes. Sur ce total, 30 millions seront réservés à l’irrigation et 7 millions à l’approvisionnement en eau potable.
Un périmètre agricole de 5.000 hectares
Le projet doit permettre l’aménagement de 5.000 hectares dans la commune de Bir Anzarane. Le recours à l’eau dessalée vise également à remplacer une partie des prélèvements souterrains et à contribuer ainsi à la préservation de la nappe phréatique de Dakhla.
L’infrastructure repose sur trois composantes : une unité de dessalement de l’eau de mer, un parc éolien d’une puissance de 60 MW et un réseau d’irrigation totalisant 130 kilomètres de conduites. Le parc éolien est achevé, tandis que la station et le réseau d’irrigation affichent respectivement des taux d’avancement de 97% et 99%.
Près de 4 milliards de DH d’investissements agricoles attendus
Selon Khalid Hatimy, la mise à disposition d’une ressource hydrique durable devrait mobiliser près de quatre milliards de dirhams d’investissements dans l’agriculture. Les revenus annuels attendus dépasseraient un milliard de dirhams.
Le projet vise la diversification et l’intensification des cultures à forte valeur ajoutée. À terme, le périmètre pourrait produire environ 500.000 tonnes de primeurs. Le ministre a également évoqué la création de près de 20.000 emplois par an, tandis que la présentation détaillée du projet fait état d’un objectif de 30.000 emplois permanents à terme.
Cent projets agricoles réservés aux jeunes
Une partie du périmètre sera consacrée à cent petits projets de cinq à dix hectares chacun, destinés aux jeunes de la région. Les bénéficiaires doivent recevoir un accompagnement pour leur installation et le développement de leurs exploitations.
Le projet doit ainsi associer grands investissements privés et insertion économique locale. Sa portée dépendra de la disponibilité effective de l’eau, du coût de production et de distribution, ainsi que de l’accompagnement durable des jeunes attributaires.
L’eau dessalée au service de deux priorités
La station répond simultanément à deux besoins : sécuriser l’alimentation en eau potable et fournir une ressource régulière à l’agriculture. Cette double affectation donne au projet une dimension stratégique pour une région où le développement économique reste directement lié à la maîtrise de l’eau.
La visite ministérielle a permis de faire le point sur l’avancement des ouvrages et d’échanger avec les investisseurs attributaires des lots agricoles. Le passage à l’exploitation constituera désormais l’étape déterminante pour convertir les capacités annoncées en eau disponible, en production et en emplois.


