Barrages, dessalement, eau potable et irrigation structurent une programmation régionale qui combine ouvrages en cours, extensions et nouveaux investissements.
La sécurité hydrique ne se résume plus à la construction d’un barrage supplémentaire. La programmation inscrite dans le projet de loi de finances 2027 montre un portefeuille beaucoup plus large, mêlant stockage, dessalement, transfert d’eau, irrigation et assainissement. Au total, dix-huit barrages sont en construction ou en surélévation dans neuf régions.
Les données détaillées par Le360, à partir de la note sur la répartition régionale de l’investissement jointe au PLF 2027, distinguent les projets achevés, ceux en cours et les nouveaux chantiers. Les taux d’exécution sont arrêtés au 30 juin, tandis que les coûts des barrages sont présentés hors frais d’expropriation.
Du Nord à l’Oriental, barrages et irrigation avancent ensemble
Dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima, le barrage Ghiss, livré en 2025, offre une capacité de 93 millions de m³ pour un coût de 1,2 milliard de dirhams. Deux ouvrages restent en cours. Bou Ahmed, doté d’une capacité de 96 millions de m³, représente un investissement de 2,43 milliards de dirhams. Le barrage Tfer, estimé à 1,31 milliard de dirhams, doit permettre le transfert annuel de 400 millions de m³ depuis les bassins du Laou et du Loukkos.
La programmation inclut aussi l’irrigation. Le périmètre de Sidi Redouane doit équiper 5.000 hectares de céréales et de légumineuses, pour 750 millions de dirhams. La deuxième tranche de Dar Khrofa porte également sur 5.000 hectares et mobilise 502 millions de dirhams.
Dans l’Oriental, les barrages Targa Oumadi, Mohamed V et Beni Azimane affichent des niveaux d’avancement élevés. Beni Azimane, d’une capacité de 44 millions de m³, atteint 98% d’exécution physique. L’ONEE prévoit parallèlement 322 millions de dirhams pour la ligne électrique liée à l’alimentation de la région par dessalement d’eau de mer.
Fès-Meknès concentre les projets les plus lourds
Le barrage Ratba constitue le plus important chantier hydraulique recensé dans la note. D’un coût de 3,27 milliards de dirhams et d’une capacité de 1,009 milliard de m³, il atteint 56% d’avancement physique. Sidi Abbou est achevé physiquement, tandis que Ribat Al Kheir enregistre 28% d’avancement.
Deux autres ouvrages complètent la programmation : la surélévation de Bouhouda, qui porterait sa capacité de 44,7 à 600 millions de m³, et le barrage Bab Ouender, prévu pour 325 millions de m³.
Le projet hydro-agricole de sauvegarde de la plaine du Saïss représente 9 milliards de dirhams. Il vise 30.000 hectares et 7.300 exploitations, avec un apport annuel de 125 millions de m³ depuis le barrage M’dez. Son taux d’exécution physique atteint 90%.
Rabat, Béni Mellal et Casablanca renforcent leurs réseaux
À Rabat-Salé-Kénitra, le barrage Koudiat Borna, achevé en 2025, apporte en moyenne 96 millions de m³ par an. Le marché du barrage Boukhemis, d’une capacité de 650 millions de m³, a été approuvé. L’aménagement hydro-agricole du Gharb doit couvrir 30.000 hectares, pour un investissement estimé à 7 milliards de dirhams.
La région prévoit aussi 6,2 milliards de dirhams pour le transfert des eaux dessalées, la station et le collecteur, dont 3,1 milliards programmés en 2027.
À Béni Mellal-Khénifra, les barrages de l’oued Lakhdar et de Taghzirt sont en chantier. Le projet REDI consacré à la résilience de l’irrigation représente 807 millions de dirhams, tandis que 374 millions sont affectés à la modernisation des réseaux d’irrigation du Tadla.
À Casablanca-Settat, le moyen barrage Aïn Ksob est exécuté à 30% sur le plan physique. La modernisation du canal principal Bas Service, évaluée à 3,42 milliards de dirhams, prévoit la réhabilitation de 111 kilomètres de canal principal et de 17 kilomètres de canal d’irrigation. Un programme d’assainissement pluvial de 4,68 milliards de dirhams couvre Casablanca, Mohammedia et Dar Bouazza.
Du Haouz aux provinces du Sud, une programmation diversifiée
Dans Marrakech-Safi, le barrage Boulaouane atteint 83% d’avancement physique, tandis que Tassa Ouirgane est réalisé à 50%. Un projet de 538 millions de dirhams doit sécuriser l’irrigation de 16.940 hectares dans le Haouz. Le programme national d’économie d’eau en irrigation porté par l’ORMVA du Haouz représente 3,64 milliards de dirhams.
Dans le Souss-Massa, le barrage Tamri affiche 94% d’avancement physique et la surélévation de Mokhtar Soussi 84%. Le transfert des eaux de la station de dessalement d’Agadir mobilise 2,83 milliards de dirhams. Des investissements complémentaires concernent l’eau potable des douars de Taroudant, la sécurisation d’Aït Amira et la réhabilitation des périmètres de petite et moyenne hydraulique.
À Guelmim-Oued Noun, la programmation retient le désenvasement du petit barrage Ouin Koura. À Laâyoune-Sakia El Hamra, la prise d’eau de la station de dessalement de Laâyoune représente 850 millions de dirhams. À Dakhla-Oued Ed-Dahab, le parc éolien de 60 MW dédié au dessalement a été achevé en 2025, tandis qu’une conduite d’adduction doit alimenter la ville, le futur port atlantique et la future zone industrielle et logistique.
Avec Le360


