Le profil climatique du Maroc détonne sur le continent africain. Selon une étude conjointe publiée ce 2 septembre 2026 par l’OCDE, le Global Green Growth Institute (GGGI) et la Banque mondiale, le Royaume enregistre l’anomalie d’humidité des sols la plus critique d’Afrique. Un stress hydrique agricole majeur qui contraste avec une exposition plus modérée aux vagues de chaleur extrêmes et une action climatique érigée en référence régionale.
Intitulé « New Data for Africa’s Changing Climate: Mapping Risks, Readiness and Policy Action », le rapport passe au crible 28 pays africains représentant 73 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à l’énergie sur le continent. Il rappelle que l’Afrique ne contribue qu’à hauteur de 4 % aux émissions mondiales de GES, lui offrant une opportunité stratégique d’éviter les schémas de développement à forte empreinte carbone.
Sécheresse agricole : L’anomalie marocaine sous la loupe
Si près de la moitié des pays étudiés subissent plus de 300 jours par an de stress thermique fort — en particulier au Sahel —, le Maroc se distingue par une vulnérabilité très ciblée :
- Acheter la crise des sols : L’évaluation de l’humidité des sols agricoles sur la période 2020-2024 (par rapport à la référence 1981-2010) révèle que le Maroc enregistre l’anomalie négative la plus sévère du continent. Les terres y subissent un assèchement structurel sans équivalent en Afrique.
- Presque épargné par les pluies torrentielles : Contrairement à la majorité des nations africaines où plus de 50 % des terres cultivées font face à un risque accru de précipitations extrêmes, l’exposition des terres agricoles marocaines aux pluies diluviennes reste marginale.
- Niveau de stress thermique contenu : Le Royaume conserve un nombre de jours chauds additionnels (supérieurs à 35°C) nettement inférieur aux prévisions dramatiques réservées à l’Afrique de l’Ouest.
Un modèle de gouvernance et d’action climatique en Afrique du Nord
Sur le plan des politiques d’atténuation, évaluées par le cadre CAPMF de l’OCDE, le rapport cite le Maroc — aux côtés de l’Égypte — comme la référence en Afrique du Nord. L’étude souligne que la capacité d’adaptation climatique ne dépend pas uniquement du PIB, mais repose sur la solidité des institutions, la gouvernance de la ressource et la capacité à mobiliser la finance verte.
Face au risque de pertes économiques continentales qui pourraient dépasser 10 % du PIB d’ici 2050 en l’absence de mesures correctives, le rapport appelle à accélérer les investissements dans les infrastructures de résilience, la donnée climatique et l’aménagement urbain durable.
Quelles priorités d’action pour le continent ?
L’OCDE et la Banque mondiale préconisent de combler en urgence le déficit de données sur l’adaptation, d’adopter des réformes séquencées adaptées aux capacités administratives, de maximiser l’efficacité des financements climatiques et de verdir l’urbanisation rapide des villes africaines.
Avec Le360


