À l’arrêt depuis 2022, le projet stratégique d’interconnexion électrique entre le Maroc et le Portugal est officiellement remis sur les rails. Réunies à Lisbonne, les deux nations visent un cofinancement européen et l’appui du secteur privé pour renforcer la sécurité énergétique entre l’Afrique et l’Europe, tout en réduisant les coûts pour les consommateurs.

L’intégration énergétique euro-méditerranéenne franchit une nouvelle étape. La ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leïla Benali, et son homologue portugaise de l’Environnement et de l’Énergie, Maria da Graça Carvalho, ont convenu de réactiver le projet d’interconnexion électrique entre les deux pays.

Lancé initialement en 2018, ce chantier vise à garantir une énergie propre, accessible et à prix abordables pour les citoyens et les tissus industriels des deux rives.

Cap sur les financements européens et les investissements privés

Pour concrétiser cette infrastructure, Rabat et Lisbonne prévoient une offensive auprès de Bruxelles. Les deux capitales vont solliciter la Commission européenne pour classer le projet parmi les Projets d’Intérêt Commun (PIC) de l’UE.

La feuille de route financière et opérationnelle repose sur trois piliers :

  • Plaidoyer communautaire : Présentation du projet à Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission européenne, pour évaluer l’éligibilité au mécanisme financier « Connecting Europe ».
  • Appel au secteur privé : Lancement d’un appel à manifestation d’intérêt ciblant les gestionnaires de réseaux et les entreprises de services publics (utilities).
  • Optimisation des coûts : L’objectif affiché est de minimiser l’impact financier sur le contribuable et l’usager final.

« Notre ambition commune est d’améliorer l’accessibilité financière de l’énergie et de réduire les coûts au bénéfice des populations et de nos économies respectives. »

Leïla Benali, Ministre de la Transition énergétique et du Développement durable.

Souplesse technique et sécurité d’approvisionnement

Concernant le schéma technique, plusieurs options restent sur la table : l’immersion d’un câble sous-marin direct entre le Maroc et le Portugal ou le transit par l’infrastructure existante via l’Espagne.

Ce regain d’intérêt survient après la panne d’électricité majeure survenue dans la péninsule Ibérique en avril 2025, un événement qui a mis en lumière l’isolement énergétique de la région. Avec un taux d’interconnexion de seulement 3 % vers le reste de l’Europe (bien loin de l’objectif européen de 15 % à l’horizon 2030), le Portugal voit dans ce partenariat avec le Maroc une opportunité majeure pour diversifier ses approvisionnements et sécuriser son réseau.

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