Le Maroc confirme son positionnement parmi les nouvelles plateformes mondiales de production de véhicules électriques et de batteries. Dans son Rapport sur l’investissement dans le monde 2026, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) cite le Royaume parmi les destinations qui attirent les investissements internationaux dans cette industrie stratégique.
L’organisation onusienne classe le Maroc aux côtés de pays comme le Brésil, l’Inde, l’Arabie saoudite et la Thaïlande, qui bénéficient de la réorganisation des chaînes de valeur mondiales dans les technologies propres et la mobilité électrique.
Selon la Cnuced, cette montée en puissance est le résultat d’une stratégie industrielle menée depuis plus de vingt ans. Le Pacte national pour l’émergence industrielle, le Plan d’accélération industrielle puis la Charte de l’investissement de 2022 ont progressivement permis de construire un écosystème automobile compétitif, fondé sur des zones industrielles spécialisées, des dispositifs d’incitation à l’investissement, un réseau de fournisseurs et des programmes de formation adaptés.
Cette stratégie a favorisé l’émergence de nouveaux projets industriels, notamment la future gigafactory de batteries prévue dans la région de Rabat-Salé-Kénitra. Ce projet représente un investissement initial estimé à 1,3 milliard de dollars, susceptible d’atteindre 6,5 milliards de dollars à terme, avec une capacité de production pouvant évoluer de 20 à 100 GWh. Pour la Cnuced, cette évolution illustre l’ambition du Royaume de remonter la chaîne de valeur en passant de l’assemblage automobile à la fabrication de cellules de batteries.
Le rapport souligne également que le Maroc bénéficie de l’intérêt croissant de groupes industriels internationaux, notamment chinois, qui cherchent à diversifier leurs bases de production dans les secteurs des batteries et des véhicules électriques.
Sur le plan des investissements directs étrangers (IDE), la Cnuced indique que le Maroc a attiré 3,34 milliards de dollars en 2025, contre 1,75 milliard un an auparavant. Le stock d’IDE atteint désormais 80,8 milliards de dollars, témoignant du renforcement de l’attractivité du Royaume auprès des investisseurs internationaux.
Au niveau mondial, les flux d’IDE ont progressé de 6 % en 2025 pour atteindre 1.600 milliards de dollars, après deux années de recul. La Cnuced estime toutefois que cette reprise demeure fragile et inégale, dans un contexte international marqué par les incertitudes économiques et géopolitiques.
Avec Le Matin




