Djibouti veut transformer sa dépendance énergétique en levier de développement. Malgré un mix électrique déjà composé à près de 80% d’énergies vertes, principalement grâce à l’hydroélectricité importée d’Éthiopie et à l’éolien, le pays entend désormais accroître sa production locale en s’appuyant sur l’expertise marocaine dans les énergies renouvelables.
Cette ambition a été au cœur d’une réunion de travail tenue à Djibouti entre le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Djama Mohamed Hassan, et une délégation réunissant la Banque islamique de développement (BID), l’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI) et l’Agence marocaine pour l’énergie durable (MASEN).
Les discussions ont porté sur le développement d’une centrale solaire équipée d’un système de stockage, un projet stratégique destiné à améliorer l’indépendance énergétique du pays et à soutenir ses ambitions industrielles. Pour les autorités djiboutiennes, l’enjeu dépasse la simple production d’électricité verte. Il s’agit de sécuriser l’approvisionnement national, réduire la dépendance aux importations énergétiques et créer les conditions nécessaires au développement d’activités industrielles locales.
Le ministre Djama Mohamed Hassan a souligné que la recherche, l’innovation et les nouvelles technologies constituent aujourd’hui des leviers essentiels pour répondre à la croissance de la demande énergétique. Selon lui, le recours au solaire avec stockage permet de répondre à la fois aux impératifs de durabilité et aux contraintes climatiques spécifiques du pays.
Le choix du Maroc comme partenaire technique ne doit rien au hasard. En quelques années, le Royaume s’est imposé comme l’un des leaders africains des énergies renouvelables grâce à des projets emblématiques développés dans le solaire et l’éolien. Les équipes de MASEN ont ainsi présenté plusieurs réalisations marocaines et réaffirmé leur volonté d’accompagner Djibouti dans l’adaptation des solutions technologiques aux réalités locales.
Pour Rabat, cette coopération s’inscrit pleinement dans la dynamique de partenariat Sud-Sud portée par le Royaume. Le chargé d’affaires du Maroc à Djibouti, Mohammed Mdarhri, a souligné l’importance de renforcer les collaborations africaines dans le domaine énergétique afin de répondre aux défis croissants de l’accès à l’énergie et du développement durable.
Au-delà de l’aspect technique, ce projet illustre une tendance de fond observée sur le continent : la recherche d’une plus grande souveraineté énergétique à travers les énergies renouvelables. Pour Djibouti, la centrale solaire avec stockage représente une opportunité de consolider son autonomie tout en préparant l’avenir industriel du pays.
Cette initiative confirme également le rôle grandissant du Maroc comme exportateur de savoir-faire énergétique en Afrique. Après avoir développé son propre modèle de transition énergétique, le Royaume apparaît désormais comme un partenaire de référence pour plusieurs pays africains engagés dans la diversification de leur mix énergétique et la réduction de leur dépendance aux importations.
Pour Djibouti, le succès de ce projet pourrait constituer une étape décisive vers un modèle énergétique plus résilient, capable d’accompagner durablement la croissance économique et les ambitions de développement du pays.
Avec MAP




