En déplacement à Lausanne, la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a présenté les avancées réalisées par le Maroc en matière de transition énergétique, tout en soulignant les profondes mutations que connaît actuellement le secteur à l’échelle mondiale.
Intervenant à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) lors d’une conférence consacrée aux enjeux énergétiques et climatiques, la ministre a estimé que la transition énergétique dépasse largement le cadre technologique ou économique pour devenir une transformation de nature politique, sociale et géostratégique, capable de redessiner les chaînes de valeur, les rapports de force internationaux et les modèles de développement.
Face à un public composé d’étudiants, d’enseignants et de représentants institutionnels, Leila Benali a également mis en lumière les interactions croissantes entre transition énergétique et intelligence artificielle. Selon elle, ces deux dynamiques transforment simultanément les besoins en infrastructures, les marchés des métaux critiques et les modèles industriels à l’échelle mondiale.
S’agissant du Maroc, la ministre a souligné l’accélération des réformes engagées depuis 2021. Elle a notamment indiqué que près de 3 gigawatts de projets d’énergies renouvelables ont été autorisés au cours des trois derniers mois, tandis que le rythme des investissements a été multiplié par trois dans le secteur énergétique et par cinq dans les infrastructures de transport électrique.
Ces efforts devraient permettre au Royaume d’atteindre avant 2030 son objectif de porter la part des énergies renouvelables à 50% de la capacité électrique installée. Pour Leila Benali, cette dynamique doit désormais s’accompagner d’une transformation durable de la gouvernance du secteur afin d’assurer la continuité des réformes engagées.
La ministre a également mis en avant les avancées réalisées en matière d’efficacité énergétique et d’autoproduction d’électricité. Elle considère ces dispositifs comme de véritables instruments de « démocratie énergétique », permettant aux citoyens et aux entreprises de produire une partie de leur propre énergie tout en réduisant leurs coûts. La réforme du cadre législatif engagée après la crise énergétique de 2023 a, selon elle, renforcé les mécanismes favorisant cette évolution.
Tout en saluant les progrès accomplis, Leila Benali a rappelé que le principal défi reste désormais celui de la pérennisation des transformations en cours. Elle a appelé les jeunes générations à s’impliquer davantage dans les enjeux énergétiques, climatiques et technologiques, estimant que les réponses aux défis du changement climatique, de la biodiversité ou encore des tensions géopolitiques nécessiteront des compétences scientifiques solides, une vision internationale et une capacité d’innovation accrue.
Organisée par l’Association des Polytechniciens marocains de Lausanne et le Model United Nations de l’EPFL, la rencontre a également donné lieu à des échanges sur plusieurs sujets d’actualité internationale, notamment les conséquences énergétiques d’un éventuel blocage du détroit d’Ormuz et les nouvelles équations géopolitiques de l’énergie.




