Chaque année, plus de 4 millions de tonnes de nourriture finissent à la poubelle au Maroc. Un paradoxe dans un pays où de nombreuses familles continuent de faire face à des situations de précarité alimentaire. Face à ce défi à la fois social, économique et environnemental, une initiative marocaine tente depuis cinq ans de transformer les surplus alimentaires en levier de solidarité.

Baptisée « Colibghiti », cette plateforme numérique met en relation les entreprises disposant de produits invendus encore consommables avec les associations qui accompagnent les populations vulnérables.

Plus de 113 kilos de nourriture gaspillés par habitant

Les chiffres donnent la mesure de l’enjeu. Selon les données citées par les promoteurs de l’initiative, le Maroc gaspille chaque année plus de 4 millions de tonnes de denrées alimentaires, soit environ 113 kilogrammes par habitant.

Une partie importante de ces produits est détruite alors qu’elle demeure parfaitement propre à la consommation. Cette situation concerne aussi bien les grandes surfaces que les hôtels, les restaurants ou encore les industries agroalimentaires.

Au-delà de la perte économique, ce gaspillage représente également un coût environnemental important, mobilisant inutilement eau, énergie, transport et ressources agricoles.

Une plateforme pour relier surplus et besoins

Lancée en 2020, l’initiative « Colibghiti » repose sur un principe simple : éviter que les excédents alimentaires ne soient jetés en les réorientant vers des associations de terrain.

Grâce à une plateforme numérique dédiée, les entreprises peuvent signaler leurs surplus alimentaires. Ces produits sont ensuite collectés et redistribués aux associations bénéficiaires dans le respect des normes sanitaires et des exigences de qualité.

Le dispositif concerne notamment les produits invendus, les excédents de production ou encore certaines denrées proches de leur date limite de consommation mais toujours conformes aux règles de sécurité alimentaire.

Une réponse à la fois sociale et environnementale

Pour les porteurs du projet, l’intérêt de la démarche dépasse largement le simple don alimentaire.

Sur le plan social, l’initiative permet d’apporter un soutien concret à des populations fragilisées tout en renforçant les réseaux de solidarité locale.

Sur le plan environnemental, chaque tonne de nourriture sauvée réduit les émissions de carbone associées à la production, au transport et à la destruction des aliments. La plateforme s’inscrit ainsi dans une logique d’économie circulaire où les ressources sont valorisées plutôt que gaspillées.

Des entreprises de plus en plus impliquées

Le projet commence progressivement à fédérer un écosystème d’acteurs économiques.

Selon ses responsables, quatre grandes entreprises collaborent aujourd’hui de manière régulière avec la plateforme en mettant à disposition leurs surplus alimentaires.

Cette participation illustre l’intérêt croissant des entreprises pour les enjeux de responsabilité sociétale et de lutte contre le gaspillage, dans un contexte où les consommateurs accordent une attention de plus en plus importante aux engagements sociaux et environnementaux des marques.

Plus de cinquante associations bénéficiaires

Le réseau de redistribution s’est également développé au fil des années.

Aujourd’hui, plus de cinquante associations basées principalement à Casablanca, Rabat, Salé et Témara bénéficient des produits redistribués par la plateforme.

Ces structures interviennent auprès de populations vulnérables, de familles en difficulté ou encore de personnes en situation de précarité.

Un défi qui dépasse la seule redistribution

Si la récupération des surplus constitue une réponse concrète, les promoteurs de l’initiative rappellent que la lutte contre le gaspillage alimentaire passe également par une évolution des comportements de consommation.

La sensibilisation des ménages, l’optimisation des achats, la réduction des pertes dans les circuits de distribution et la valorisation des excédents restent autant de leviers indispensables pour réduire durablement le volume de nourriture perdue chaque année.

À travers « Colibghiti », le Maroc expérimente ainsi une approche qui combine innovation numérique, solidarité sociale et responsabilité environnementale. Une démarche qui pourrait inspirer d’autres initiatives à mesure que la question du gaspillage alimentaire s’impose comme l’un des grands enjeux du développement durable.

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Chaque année, plus de 4 millions de tonnes de nourriture finissent à la poubelle au Maroc. Un paradoxe dans un pays où de nombreuses familles continuent de faire face à des situations de précarité alimentaire. Face à ce défi à la fois social, économique et environnemental, une initiative marocaine tente depuis cinq ans de transformer les surplus alimentaires en levier de solidarité.

Baptisée « Colibghiti », cette plateforme numérique met en relation les entreprises disposant de produits invendus encore consommables avec les associations qui accompagnent les populations vulnérables.

Plus de 113 kilos de nourriture gaspillés par habitant

Les chiffres donnent la mesure de l’enjeu. Selon les données citées par les promoteurs de l’initiative, le Maroc gaspille chaque année plus de 4 millions de tonnes de denrées alimentaires, soit environ 113 kilogrammes par habitant.

Une partie importante de ces produits est détruite alors qu’elle demeure parfaitement propre à la consommation. Cette situation concerne aussi bien les grandes surfaces que les hôtels, les restaurants ou encore les industries agroalimentaires.

Au-delà de la perte économique, ce gaspillage représente également un coût environnemental important, mobilisant inutilement eau, énergie, transport et ressources agricoles.

Une plateforme pour relier surplus et besoins

Lancée en 2020, l’initiative « Colibghiti » repose sur un principe simple : éviter que les excédents alimentaires ne soient jetés en les réorientant vers des associations de terrain.

Grâce à une plateforme numérique dédiée, les entreprises peuvent signaler leurs surplus alimentaires. Ces produits sont ensuite collectés et redistribués aux associations bénéficiaires dans le respect des normes sanitaires et des exigences de qualité.

Le dispositif concerne notamment les produits invendus, les excédents de production ou encore certaines denrées proches de leur date limite de consommation mais toujours conformes aux règles de sécurité alimentaire.

Une réponse à la fois sociale et environnementale

Pour les porteurs du projet, l’intérêt de la démarche dépasse largement le simple don alimentaire.

Sur le plan social, l’initiative permet d’apporter un soutien concret à des populations fragilisées tout en renforçant les réseaux de solidarité locale.

Sur le plan environnemental, chaque tonne de nourriture sauvée réduit les émissions de carbone associées à la production, au transport et à la destruction des aliments. La plateforme s’inscrit ainsi dans une logique d’économie circulaire où les ressources sont valorisées plutôt que gaspillées.

Des entreprises de plus en plus impliquées

Le projet commence progressivement à fédérer un écosystème d’acteurs économiques.

Selon ses responsables, quatre grandes entreprises collaborent aujourd’hui de manière régulière avec la plateforme en mettant à disposition leurs surplus alimentaires.

Cette participation illustre l’intérêt croissant des entreprises pour les enjeux de responsabilité sociétale et de lutte contre le gaspillage, dans un contexte où les consommateurs accordent une attention de plus en plus importante aux engagements sociaux et environnementaux des marques.

Plus de cinquante associations bénéficiaires

Le réseau de redistribution s’est également développé au fil des années.

Aujourd’hui, plus de cinquante associations basées principalement à Casablanca, Rabat, Salé et Témara bénéficient des produits redistribués par la plateforme.

Ces structures interviennent auprès de populations vulnérables, de familles en difficulté ou encore de personnes en situation de précarité.

Un défi qui dépasse la seule redistribution

Si la récupération des surplus constitue une réponse concrète, les promoteurs de l’initiative rappellent que la lutte contre le gaspillage alimentaire passe également par une évolution des comportements de consommation.

La sensibilisation des ménages, l’optimisation des achats, la réduction des pertes dans les circuits de distribution et la valorisation des excédents restent autant de leviers indispensables pour réduire durablement le volume de nourriture perdue chaque année.

À travers « Colibghiti », le Maroc expérimente ainsi une approche qui combine innovation numérique, solidarité sociale et responsabilité environnementale. Une démarche qui pourrait inspirer d’autres initiatives à mesure que la question du gaspillage alimentaire s’impose comme l’un des grands enjeux du développement durable.

Avec lecourrierdelatlas.com

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