Casablanca s’apprête à engager l’un des plus importants projets environnementaux de son histoire avec la transformation du site de Mediouna en centre de valorisation énergétique des déchets. La métropole prévoit un investissement global de 15 milliards de dirhams pour remplacer progressivement l’enfouissement traditionnel par un modèle basé sur l’incinération, le traitement industriel et la production d’électricité destinée à l’éclairage public.
Le chantier doit démarrer dès décembre prochain et s’étalera sur une période de trois ans. Selon les données dévoilées lors d’une session du conseil communal, 11 milliards de dirhams seront consacrés à la réalisation des infrastructures, tandis que 4 milliards couvriront les coûts d’exploitation et de maintenance sur une durée de 33 ans.
Le futur complexe combinera un centre d’incinération et une unité de traitement de nouvelle génération, présentée comme l’une des plus avancées technologiquement en Afrique. L’objectif affiché est de faire évoluer Casablanca vers un modèle de gestion durable des déchets, intégrant production énergétique, recyclage et réduction de l’impact environnemental.
Durant la phase transitoire, les activités classiques d’enfouissement se poursuivront afin d’assurer la continuité du service, pendant que les nouvelles infrastructures seront progressivement installées et mises en service.
À partir de la quatrième année, le centre devrait fonctionner à pleine capacité et produire une électricité destinée exclusivement à l’éclairage public de la ville. Selon la maire de Casablanca, Nabila Rmili, cette production pourrait couvrir jusqu’à 20% des besoins énergétiques de la métropole.
Le projet mobilisera plusieurs partenaires institutionnels, notamment la Société régionale multiservices, l’ONEE ainsi que le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable.
Par son ampleur financière, le projet dépasse même le coût cumulé des deux premières lignes du tramway de Casablanca, estimé à 13 milliards de dirhams. Les autorités locales y voient une étape majeure dans la transition écologique et énergétique de la capitale économique.
En parallèle, l’ancienne décharge de Mediouna fera l’objet d’une vaste opération de réhabilitation environnementale. Le site doit être transformé en un parc vert de 40 hectares comprenant des espaces de loisirs, des installations sportives et des zones ouvertes au public.
À travers cette double transformation industrielle et écologique, Casablanca cherche à tourner la page d’un site longtemps considéré comme l’un des principaux points noirs environnementaux de la région, tout en intégrant les déchets dans une logique d’économie circulaire et de production énergétique locale.
Avec Al Ahdath Al Maghribia


