Le Maroc confirme sa montée en puissance dans la mobilité électrique et s’impose désormais parmi les leaders africains du secteur. C’est ce qui ressort du rapport Global EV Outlook 2026 publié par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui classe le Royaume au deuxième rang africain des ventes de voitures électriques, derrière l’Égypte et devant l’Afrique du Sud.
Selon l’AIE, le marché africain des véhicules électriques a connu une accélération spectaculaire ces deux dernières années, passant d’environ 4.000 ventes en 2023 à près de 25.000 unités en 2025. À eux seuls, l’Égypte, le Maroc et l’Afrique du Sud concentrent près de 70% des ventes régionales.
Le Maroc a enregistré environ 5.500 ventes de voitures électriques en 2025, contre un peu plus de 2.000 unités en 2024, illustrant une forte progression du marché local. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de croissance plus large des véhicules électrifiés dans le Royaume.
D’après les données de l’AIVAM, les ventes de véhicules électrifiés — hybrides, hybrides rechargeables, mild-hybrides, électriques purs et modèles à prolongateur d’autonomie — ont atteint 12.209 unités entre janvier et avril 2026, en hausse de 95,4% sur un an. Leur part dans les immatriculations de voitures particulières est ainsi passée de 10,8% à 17% en douze mois.
Les hybrides rechargeables affichent la progression la plus forte avec une hausse de 170,3%, suivis des mild-hybrides (+162,6%) et des véhicules 100% électriques (+130,4%). Une nouvelle catégorie fait également son apparition sur le marché marocain : les véhicules à prolongateur d’autonomie (REEV), principalement portés par les constructeurs chinois.
Le rapport souligne justement la domination croissante des marques chinoises sur le marché africain des véhicules électriques. BYD représenterait à lui seul 35% des parts de marché du continent, contre seulement 4% en 2023.
Au-delà des ventes, l’AIE met également en avant le positionnement industriel du Maroc dans la chaîne de valeur de la mobilité électrique. Le Royaume attire désormais des investissements majeurs dans la fabrication de batteries LFP et de composants associés.
Parmi les projets structurants cités figurent notamment l’usine de batteries de Gotion High Tech à Kénitra, les investissements de COBCO à Jorf Lasfar dans les cathodes LFP ou encore ceux de BTR à Tanger Tech dans les anodes.
Le rapport rappelle également le lancement commercial du premier modèle électrique du constructeur marocain Neo Motors au début de l’année 2026, illustrant la volonté du Royaume de développer une filière industrielle locale autour du véhicule électrique.
Selon le scénario de politiques actuelles de l’AIE, la part des voitures électriques dans les ventes automobiles au Maroc pourrait dépasser 10% à l’horizon 2035, sous réserve d’un renforcement des infrastructures de recharge et d’une diversification de l’offre locale.
À l’échelle mondiale, les ventes de voitures électriques ont dépassé les 20 millions d’unités en 2025, représentant un quart des ventes de véhicules neufs. Malgré un recul mondial de 8% au premier trimestre 2026 lié notamment aux évolutions des politiques en Chine et aux États-Unis, plusieurs régions affichent encore de fortes progressions, notamment l’Europe, l’Asie-Pacifique et l’Amérique latine.
L’AIE prévoit enfin que les ventes mondiales de véhicules électriques pourraient atteindre 23 millions d’unités en 2026, soit près de 30% du marché automobile mondial.
Avec Le360


