Le Maroc figure au premier rang des pays africains soutenus par les financements européens dédiés à l’énergie, avec un volume cumulé de 4,1 milliards d’euros mobilisés entre 2014 et 2024. C’est ce que révèle un rapport conjoint de Union européenne et de Union africaine, qui classe le Royaume à la quatrième position sur le continent.
Cette hiérarchie est dominée par l’Égypte, suivie du Nigeria et de l’Afrique du Sud, tandis que le Maroc devance le Kenya. Elle traduit une concentration des flux financiers sur un nombre restreint de pays considérés comme structurants dans la transition énergétique africaine.
Le rapport met également en perspective ces financements avec ceux d’autres partenaires internationaux, en particulier la Chine, dont les engagements dépassent largement certains volumes européens dans plusieurs pays. Ces comparaisons soulignent la diversité des sources de financement, mais aussi la dépendance persistante de nombreuses économies africaines à l’égard des apports extérieurs.
Les disparités budgétaires apparaissent nettement à l’échelle du continent. Tandis que certaines grandes économies consacrent des montants significatifs à leurs infrastructures énergétiques, une majorité d’États demeure en retrait. Plus de quarante pays africains ne dépasseraient pas le seuil d’un milliard d’euros de dépenses dans ce domaine, révélant des capacités d’investissement limitées.
En matière d’accès à l’électricité, les progrès restent en deçà des besoins. Malgré des millions de nouveaux raccordements, la croissance démographique atténue les gains réalisés. L’Afrique subsaharienne concentre ainsi l’essentiel de la population mondiale privée d’électricité, avec des écarts marqués entre zones urbaines et rurales.
Face à ces contraintes, les modèles d’électrification évoluent. Les solutions décentralisées, notamment les dispositifs solaires hors réseau, occupent une place croissante aux côtés des grandes infrastructures. Elles ont représenté plus de la moitié des nouveaux raccordements récents dans certaines régions, traduisant une adaptation progressive aux réalités locales.
Néanmoins, une part significative des projets énergétiques engagés sur le continent repose encore sur des sources fossiles. Cette orientation limite leur contribution aux objectifs de développement durable liés à l’accès à une énergie propre et abordable, et souligne les défis persistants de la transition énergétique en Afrique.
Avec Barlamane



