Le projet porté par l’Office national des hydrocarbures et des mines visant à utiliser les capacités de stockage de la Samir pour constituer des réserves stratégiques de carburants n’a finalement pas abouti. Conçu pour permettre au Maroc d’atteindre le seuil réglementaire de 60 jours de consommation, ce dispositif a été abandonné malgré un cadre juridique initialement favorable.

Dans un contexte marqué par des tensions internationales sur les marchés pétroliers et des niveaux de stocks jugés insuffisants, l’initiative avait pour objectif de structurer une véritable politique nationale de stockage. Elle reposait sur l’exploitation des infrastructures de la raffinerie de Mohammedia, à l’arrêt depuis 2015, dont les capacités sont largement sous-utilisées.

Le schéma envisagé distinguait deux catégories : les stocks commerciaux, relevant des opérateurs, et des stocks stratégiques placés sous pilotage public, mobilisables uniquement en cas de crise. Deux modèles avaient été proposés : un portage direct par l’ONHYM, financé en partie par des ressources publiques, ou une approche mutualisée impliquant les acteurs du secteur sous supervision étatique.

Sur le plan technique, les études menées avaient permis d’identifier les capacités immédiatement exploitables, d’évaluer les besoins de réhabilitation et d’analyser l’ensemble de la chaîne logistique, depuis les infrastructures portuaires jusqu’aux circuits d’approvisionnement. Des pistes complémentaires, comme le développement de cavités salines pour le stockage, avaient également été envisagées.

Malgré ce niveau de préparation avancé, plusieurs obstacles ont freiné la concrétisation du projet. La mise en œuvre nécessitait un arbitrage clair sur la gouvernance du dispositif, la mobilisation de financements conséquents et l’obtention d’autorisations administratives. À ces contraintes s’est ajouté un facteur déterminant : le contentieux international lié à la Samir, qui a soulevé des incertitudes juridiques quant à l’utilisation de ses actifs.

Dans ce contexte, les autorités ont opté pour une approche prudente, préférant ne pas engager un projet exposé à des risques juridiques et institutionnels. Résultat : un dispositif pourtant structuré et prêt à être déployé a été mis de côté.

Aujourd’hui, les capacités de stockage de la Samir restent largement inexploitées, tandis que les niveaux de stocks nationaux demeurent en deçà des exigences réglementaires. L’abandon de ce plan laisse en suspens la question stratégique de la sécurisation de l’approvisionnement énergétique du pays.

Source: Le360

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