Selon la dernière note de conjoncture de la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), la production nationale d’électricité affiche une croissance de 0,8 % en janvier 2026. Si le rythme ralentit par rapport à l’année précédente, le dynamisme des énergies renouvelables et l’explosion des importations marquent ce début d’exercice.
Le secteur électrique marocain entame l’année 2026 sur une note de stabilité prudente. Après une année 2025 marquée par une forte accélération (+6,7 %), le premier mois de l’année s’inscrit dans une croissance plus modérée. Cette évolution cache toutefois des disparités profondes entre les différents modes de production et les sources d’approvisionnement.
Les énergies renouvelables, moteurs de la croissance
Le point saillant de ce rapport est la performance des énergies vertes. La production issue du cadre de la loi 13-09 (projets privés d’énergies renouvelables) a bondi de 11,8 %. Cette hausse confirme la montée en puissance de la stratégie nationale de décarbonation.
L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) contribue également positivement avec une progression de 1,7 %. Fait notable : l’apport des « tiers nationaux » enregistre une envolée spectaculaire de 111,9 %, illustrant une plus grande ouverture du réseau aux producteurs indépendants.
Le repli de la production privée
À l’inverse, la production privée classique marque le pas. Elle enregistre un recul de 0,9 % en janvier 2026, contrastant fortement avec la performance de +9,6 % affichée l’année dernière à la même période. Ce repli a mécaniquement atténué la hausse globale de la production nationale.
Explosion des importations et recul de l’export
Le paysage des échanges extérieurs subit une mutation profonde en ce début d’année :
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Importations : Le volume d’énergie importé a explosé de 78 %. Ce recours massif aux interconnexions internationales (notamment avec l’Espagne) semble nécessaire pour combler l’écart entre la production domestique et une demande intérieure qui reste dynamique.
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Exportations : À l’inverse, les ventes d’électricité à l’étranger poursuivent leur chute avec un repli de 15 %, après un effondrement de 43,6 % l’an passé.
Une énergie nette en hausse
Malgré ce rééquilibrage entre production locale et achats extérieurs, l’énergie nette — qui représente la consommation globale du pays — progresse de 4,9 %. Ce chiffre témoigne de la vitalité de l’activité économique et domestique au Maroc, imposant une pression continue sur les infrastructures de production et de transport d’énergie pour garantir la sécurité de l’approvisionnement national.


