Le Maroc poursuit le développement de ses infrastructures de dessalement de l’eau de mer afin de renforcer sa sécurité hydrique. Quatre nouvelles stations, représentant une capacité totale de 567 millions de mètres cubes par an, sont actuellement en cours de réalisation et devraient entrer en exploitation au plus tard à la fin de l’année, selon le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka.
Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un programme national de dessalement lancé conformément aux orientations du Roi Mohammed VI. L’objectif est de sécuriser l’approvisionnement en eau potable pour les villes côtières et certaines agglomérations de l’intérieur, tout en soutenant l’irrigation agricole et les besoins industriels.
À l’horizon 2030, les autorités visent une capacité totale de production d’eau dessalée de 1,7 milliard de mètres cubes par an.
Actuellement, 17 stations de dessalement sont déjà en exploitation au Maroc, pour une capacité cumulée d’environ 350 millions de mètres cubes par an.
Parmi les nouvelles infrastructures en cours de réalisation figurent les stations d’El Jadida et de Safi, dont les travaux ont fortement progressé. Une exploitation partielle a déjà commencé en 2023, tandis que leur fonctionnement à pleine capacité est prévu vers fin 2026. La station de Jorf Lasfar contribue déjà à l’alimentation en eau de plusieurs zones, notamment le sud de Casablanca, Settat et Berrechid.
Le programme comprend également la station de Dakhla, dont l’avancement des travaux atteint environ 78 %. Cette installation sera alimentée en partie par une unité de production d’énergie éolienne et devrait entrer en service vers la mi-2026.
Autre projet majeur, la station de Casablanca, appelée à devenir la plus grande station de dessalement d’Afrique, avec une capacité globale de 300 millions de mètres cubes par an. Le chantier affiche actuellement près de 50 % d’avancement, tandis que la première tranche de 200 millions de mètres cubes devrait être mise en service d’ici la fin de 2026.
Ces projets reposent en grande partie sur des partenariats public-privé, un modèle qui permet de mobiliser des compétences techniques spécialisées tout en partageant les investissements et les risques financiers.
En parallèle, onze nouveaux projets de dessalement sont programmés dans différentes régions côtières du pays. Des stations sont notamment prévues dans l’Oriental, Tanger, Rabat, Essaouira et Guelmim, tandis que les études relatives au projet de Souss-Massa sont encore en cours.
Le ministère collabore également avec le groupe OCP pour développer des projets complémentaires, notamment l’extension des stations d’El Jadida et de Safi, afin de renforcer l’approvisionnement en eau potable et répondre aux besoins industriels.
En complément des grandes stations, un programme prévoit l’installation de stations mobiles de dessalement destinées à traiter l’eau de mer ou les eaux souterraines saumâtres, notamment dans les zones rurales. Au total, 244 unités mobiles doivent être déployées, pour une capacité globale de 1.563 litres par seconde.
À ce jour, 124 stations mobiles ont déjà été livrées, représentant une capacité de 771 litres par seconde. Parmi elles, 77 unités, capables de produire 514 litres par seconde, sont en cours d’installation, tandis que les dernières devraient entrer en service au cours de l’année.
L’ensemble de ces projets vise à transformer durablement la gestion de l’eau au Maroc. En combinant grandes stations de dessalement, extensions industrielles et unités mobiles, le pays cherche à développer une production d’eau non conventionnelle capable de répondre à la pression croissante sur les ressources naturelles, tout en soutenant l’approvisionnement des villes, l’irrigation agricole et les besoins industriels dans un contexte climatique de plus en plus contraignant.
Avec Barlamane




