Le marché national de l’électricité entre dans une nouvelle phase de structuration. Réuni mardi, le Conseil de l’Autorité Nationale de Régulation de l’Électricité (ANRE) a fixé le tarif de rachat de l’excédent d’énergie électrique produite à partir d’installations renouvelables et dans le cadre de l’autoproduction. Cette décision, applicable pour la période du 1er mars 2026 au 28 février 2027, marque une étape importante dans la mise en œuvre des lois 13-09 relative aux énergies renouvelables et 82-21 encadrant l’autoproduction de l’énergie électrique.

Le tarif arrêté s’élève à 21 centimes le kilowattheure durant les heures de pointe et à 18 centimes le kilowattheure en heures hors pointe. L’ANRE a opté pour un tarif unique applicable à l’ensemble des installations, tout en introduisant une différenciation selon les plages horaires afin de mieux refléter les contraintes du système électrique national. Ce prix concerne les réseaux de haute et très haute tension ainsi que les réseaux électriques de moyenne tension de la distribution. Le tarif applicable au réseau basse tension sera fixé ultérieurement, une fois le cadre réglementaire et technique adéquat mis en place.

À travers cette décision, le régulateur entend concilier plusieurs impératifs : assurer un équilibre économique aux producteurs et auto-producteurs, préserver la soutenabilité financière des gestionnaires du réseau et accompagner le développement progressif du secteur électrique dans le respect des textes en vigueur. La période de régulation retenue est volontairement limitée à une année, afin de permettre une harmonisation des différentes périodes tarifaires et une évaluation complète du dispositif à l’issue de cette première phase, prévue début 2027.

La fixation de ce tarif intervient dans un contexte de montée en puissance attendue des énergies renouvelables. Selon les projections de l’Agence internationale de l’énergie, la croissance de la demande d’électricité au Maroc devrait atteindre en moyenne 2,8% par an d’ici 2030. Le développement des capacités renouvelables, notamment du solaire photovoltaïque dont la production devrait progresser d’environ 31% par an entre 2026 et 2030, est appelé à couvrir l’essentiel de cette hausse. Dans cette perspective, la valorisation de l’excédent injecté dans le réseau constitue un levier central pour encourager l’investissement et l’autoconsommation industrielle.

Parallèlement à la fixation du tarif de rachat, le Conseil de l’ANRE a procédé aux ajustements annuels des tarifs d’utilisation du réseau électrique national. Le tarif d’utilisation du réseau de transport (TURT) est ainsi fixé à 6,85 centimes le kilowattheure à compter du 1er mars 2026, celui des réseaux de moyenne tension de la distribution (TURD) à 6,07 centimes le kilowattheure, tandis que la rémunération des services système (TSS) s’établit à 6,81 centimes le kilowattheure pour la même période.

L’ANRE précise que la prochaine étape dans la mise en place du dispositif réglementaire concernera la fixation de la contribution liée aux services de distribution prévue par la loi 82-21. Cette mesure viendra compléter l’architecture tarifaire encadrant l’autoproduction et l’injection d’électricité renouvelable dans le réseau national.

Avec cette décision, le régulateur pose les bases d’un cadre tarifaire évolutif destiné à accompagner la transition énergétique du Royaume, tout en veillant à l’équilibre du système électrique national.

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