Le groupe saoudien Acwa, présenté comme l’un des leaders mondiaux du dessalement et un acteur majeur des nouvelles chaînes de valeur énergétiques, a placé le Maroc au centre de sa communication lors de la clôture des Innovation Days 2026 organisés à Riyad. Les annonces concernant le Royaume ont ouvert le message final de l’événement, marquant une volonté affichée de renforcer les passerelles entre les plateformes industrielles d’Acwa et l’écosystème scientifique marocain, notamment dans les domaines de l’hydrogène vert, des technologies de l’eau et des solutions énergétiques de pointe.
Au premier plan figure l’accord conclu avec l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (Iresen). Selon Acwa, ce partenariat vise à relier les capacités marocaines de recherche appliquée à des projets industriels de grande dimension, en favorisant le lancement de programmes conjoints susceptibles de produire des retombées économiques concrètes. L’objectif est de rapprocher l’innovation scientifique des besoins industriels, dans un secteur où la course mondiale se joue désormais sur la capacité à transformer rapidement la technologie en production à grande échelle.
Un second cadre de coopération associe Acwa, Iresen et le CleanTech Business Club. Il s’inscrit dans des dispositifs internationaux consacrés à l’hydrogène propre, avec une ambition clairement annoncée : structurer des réseaux transrégionaux, faciliter les transferts technologiques et faire émerger des projets à forte valeur industrielle. Pour le groupe saoudien, ces accords confirment la crédibilité du Maroc en tant que pôle scientifique et industriel dans des segments stratégiques, à la fois sur l’énergie et sur l’eau.
Une vague de partenariats dans l’hydrogène, l’eau et le stockage
Les Innovation Days 2026 se sont conclus sur l’annonce de 27 partenariats, couvrant plusieurs domaines considérés comme prioritaires pour les prochaines années : hydrogène vert, dessalement avancé, stockage énergétique de longue durée et outils numériques industriels.
Sur le volet hydrogène, Acwa a détaillé plusieurs alliances technologiques destinées à sécuriser des trajectoires industrielles “bancables” et reproductibles à grande échelle. Parmi les partenariats cités figurent notamment une coopération avec Topsoe autour des technologies d’ammoniac du projet de Yanbu, ainsi qu’un accord avec Baker Hughes et Nuovo Pignone International pour les systèmes de compression et les solutions intégrées. Le groupe évoque également des collaborations avec des acteurs européens, américains et chinois sur des électrolyseurs de nouvelle génération, notamment les technologies PEM, SOEC et AEM, considérées comme essentielles pour améliorer le rendement, réduire les coûts et accélérer le passage à l’industrialisation.
Le volet eau a, de son côté, donné lieu à des accords autour de membranes de dessalement à très haute pression, de procédés de compression gravitationnelle de vapeur et de solutions de pilotage par intelligence artificielle. Acwa affirme que ces technologies doivent permettre de réduire les coûts unitaires de production d’eau douce, tout en maîtrisant les contraintes énergétiques, dans un contexte où la pression hydrique devient un enjeu stratégique pour de nombreux pays.
Le stockage énergétique a également été mis en avant, à travers des solutions thermiques et chimiques présentées comme un levier indispensable pour stabiliser les réseaux électriques. Pour Acwa, l’intégration massive des énergies renouvelables passera nécessairement par des technologies capables d’assurer une continuité d’alimentation, en particulier sur les marchés où la production solaire et éolienne est appelée à croître fortement.
Une stratégie internationale assumée
Au-delà des accords annoncés à Riyad, Acwa a confirmé l’extension de son dispositif avec le lancement des Innovation Days Shanghai en octobre 2026. Cette ouverture vers la Chine est décrite comme un choix stratégique visant à rapprocher recherche, ingénierie et capacités manufacturières, dans un environnement réputé pour son avance en électrochimie, en intelligence artificielle et en industrialisation.
Selon le groupe, cette approche doit raccourcir les délais entre les phases pilotes et le déploiement commercial, en accélérant la transformation des innovations en solutions industrielles opérationnelles. L’ambition est claire : occuper une place centrale dans les marchés mondiaux de l’énergie, de l’eau et de l’hydrogène, en structurant un écosystème de partenaires capable d’alimenter des projets à grande échelle.
Un rendez-vous de haut niveau entre recherche et industrie
Les Innovation Days 2026 ont réuni plusieurs institutions académiques et économiques internationales, parmi lesquelles le MIT Sloan School of Management, Stanford, UCLA, l’Université Tsinghua, KAUST, BloombergNEF, le Boston Consulting Group, le Cambridge Innovation Center et le NICE chinois. À l’échelle saoudienne, des acteurs comme KACST, K.A.CARE, KAUST et Aramco Ventures ont également participé aux échanges.
Pour Acwa, cette convergence entre universités, think tanks, cabinets et industriels constitue un outil de structuration économique. L’objectif est de transformer des avancées scientifiques en actifs industriels pleinement opérationnels, dans une période où les technologies de l’énergie, de l’eau et de l’hydrogène sont appelées à devenir des piliers de croissance et de souveraineté économique.
Un signal fort pour le Maroc
En plaçant les annonces marocaines en ouverture de sa communication finale, Acwa envoie un signal politique et économique : le Maroc est considéré comme un partenaire crédible dans les filières du futur, capables de créer de la valeur industrielle, d’attirer des investissements et de soutenir la transition énergétique.
Le positionnement d’Iresen au cœur de cette dynamique souligne également l’importance accordée à la recherche appliquée et à la montée en puissance d’un écosystème local capable de dialoguer avec les grands opérateurs internationaux. Dans un contexte où l’hydrogène vert, le dessalement et le stockage deviennent des marchés stratégiques, ce type de coopération pourrait renforcer la place du Royaume dans les nouvelles chaînes de valeur mondiales.
Avec Barlamane


