À l’occasion de la Journée internationale des énergies propres, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a appelé à une accélération majeure de la transition énergétique mondiale, en exhortant les États à tripler la capacité de production d’énergies renouvelables d’ici 2030. Un objectif qu’il juge indispensable pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles et contenir les effets du changement climatique.

Selon le chef de l’ONU, les énergies renouvelables constituent aujourd’hui « le moteur le plus crédible » de la transition énergétique. « Dans la plupart des régions du monde, elles représentent désormais la source d’énergie nouvelle la plus abordable », a-t-il souligné. Il a rappelé qu’en 2025, pour la première fois, la production mondiale d’électricité issue du solaire, de l’éolien et d’autres sources renouvelables a dépassé celle du charbon, marquant un tournant symbolique dans l’histoire énergétique mondiale.

Des bénéfices économiques et sociaux largement reconnus

Antonio Guterres a mis en avant les multiples retombées positives des énergies propres, tant sur le plan économique que social. Leur déploiement permet, selon lui, d’élargir l’accès à l’électricité pour des millions de personnes encore privées d’énergie, de favoriser des modes de cuisson plus sains, d’améliorer les conditions de santé et d’éducation, tout en créant des opportunités économiques nouvelles.

La transition vers les énergies renouvelables est également présentée comme un levier de stabilité économique. Elle favorise la création d’emplois durables, l’émergence de nouvelles filières industrielles et une réduction de la dépendance aux marchés énergétiques volatils, souvent exposés aux tensions géopolitiques.

Malgré ces avancées, le secrétaire général de l’ONU a alerté sur le rythme insuffisant de la transition actuelle. « Les progrès réalisés ne vont ni assez vite ni assez loin », a-t-il averti, estimant que l’écart entre les ambitions affichées et leur mise en œuvre concrète reste préoccupant.

Infrastructures, coûts et accès : des freins persistants

L’un des principaux obstacles identifiés concerne les infrastructures de réseau. L’expansion rapide des capacités de production renouvelable n’est pas toujours accompagnée par un développement équivalent des réseaux électriques, limitant l’intégration efficace de ces énergies dans les systèmes existants.

Par ailleurs, le coût du capital demeure un frein majeur, notamment pour de nombreux pays en développement, pourtant riches en potentiel solaire et éolien. « Trop de pays restent exclus de la transition énergétique en raison de coûts élevés et d’un accès limité au financement », a souligné Antonio Guterres.

Appel à une mobilisation collective

Face à ces défis, le secrétaire général des Nations Unies a appelé à une action coordonnée de l’ensemble des acteurs. Il a exhorté les régulateurs à adopter des cadres politiques et réglementaires favorables aux énergies propres, en simplifiant les procédures d’autorisation tout en garantissant la protection de l’environnement et des populations.

Les entreprises de services publics sont, quant à elles, invitées à moderniser et numériser les réseaux électriques, à renforcer les capacités de stockage et à adapter les systèmes afin d’assurer la stabilité de l’approvisionnement. L’ONU insiste également sur la nécessité de diversifier les chaînes d’approvisionnement, notamment pour les minéraux critiques indispensables à la transition énergétique, afin que leur exploitation bénéficie aux pays producteurs et aux communautés locales.

Enfin, Antonio Guterres a souligné le rôle central du secteur financier et des banques multilatérales de développement. Leur mobilisation est jugée essentielle pour réduire le coût du capital, sécuriser les investissements et attirer des financements privés à grande échelle, condition indispensable pour atteindre l’objectif de triplement des capacités renouvelables d’ici 2030.

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