La Banque mondiale met en lumière, dans un récent rapport intitulé « Redémarrer le développement : l’économie au service d’une planète vivable », une idée clé : préserver la nature ne relève plus uniquement de l’urgence écologique, mais constitue aussi une opportunité économique et sociale majeure. Investir dans les écosystèmes permet de générer de la croissance, des emplois et une meilleure résilience face aux crises.
Les coûts de l’inaction
La dégradation environnementale pèse déjà lourdement sur les économies mondiales. Selon l’institution, 90 % de la population subit les effets de la pollution, de la raréfaction de l’eau et de la dégradation des sols. Dans les pays à faible revenu, huit personnes sur dix n’ont pas accès à un environnement sain. La disparition des forêts perturbe les pluies, épuise les terres et accentue les sécheresses, coûtant des milliards chaque année. Si rien n’est fait, certaines régions africaines pourraient perdre jusqu’à 15 % de leur PIB d’ici 2050.
La nature, moteur de croissance
Pour la Banque mondiale, la restauration des systèmes naturels représente un retour sur investissement considérable. Une meilleure gestion des engrais, par exemple, peut générer des bénéfices 25 fois supérieurs à leur coût. La transformation du système agroalimentaire pourrait, à elle seule, créer 4 300 milliards de dollars de valeur pour un investissement de 260 milliards d’ici 2030. Ces changements se traduisent aussi par des emplois, dans l’agriculture, la construction, la santé ou encore les services.
Agriculture durable et transition énergétique
Le rapport insiste sur l’importance d’investir dans l’agroforesterie et l’« agriculture climato-intelligente », capables de réduire les émissions tout en améliorant les rendements et les revenus agricoles. La Banque mondiale s’engage à consacrer 45 % de ses financements annuels à l’action climatique, répartis entre atténuation et adaptation.
L’énergie verte constitue un autre gisement majeur d’emplois : en Afrique, la transition pourrait générer près de 12 millions d’emplois nets d’ici 2050. L’initiative « Mission 300 », menée avec la Banque africaine de développement, vise à fournir de l’électricité à 300 millions de personnes en Afrique subsaharienne, grâce aux énergies renouvelables décentralisées.
L’économie circulaire et l’investissement privé
L’économie circulaire est présentée comme une voie structurante pour répondre à la perte de biodiversité, à la pollution et au changement climatique. Elle permet d’améliorer la compétitivité tout en créant des emplois, notamment pour les jeunes. La Banque mondiale appelle à un cadre réglementaire renforcé et à une mobilisation accrue du secteur privé, soutenue par ses instruments financiers et ses garanties.
Un appel à la coopération internationale
Enfin, l’institution souligne que la transition vers une « planète vivable » repose sur des politiques ambitieuses, une meilleure allocation des ressources publiques et une coopération internationale renforcée. Plus de 70 % des financements de l’Association internationale de développement (IDA) seront alloués à l’Afrique en 2025, afin de soutenir les pays les plus vulnérables.
Pour la Banque mondiale, la conclusion est claire : investir dans la nature n’est pas un coût, mais une stratégie de prospérité. Les solutions existent, elles sont accessibles et leurs bénéfices dépassent largement les dépenses engagées.
Avec Laverite.ma


