Une étude fondée sur quatre années de données satellitaires place le sud atlantique en tête grâce à des vents plus intenses et plus réguliers.
Pour l’éolien, la force du vent ne suffit pas. Sa régularité détermine aussi la capacité d’un projet à produire de manière prévisible. Sur ces deux critères, la façade atlantique sud du Maroc se détache nettement.
Une étude publiée dans la revue Energy Reports par une équipe de la Faculté des sciences Aïn Chock de l’Université Hassan II compare neuf sites côtiers à partir de données satellitaires recueillies entre 2020 et 2023. Dakhla, Tarfaya et Essaouira présentent le potentiel le plus robuste.
Une éolienne de 300 kW produirait 1.183 MWh à Dakhla
Selon les estimations, une éolienne offshore de 300 kilowatts installée au large de Dakhla produirait environ 1.183 mégawattheures par an, soit l’équivalent des besoins électriques de dix à douze villages de pêcheurs.
La même machine produirait 1.104 MWh à Tarfaya, de quoi alimenter onze villages, et 998 MWh à Essaouira, pour neuf à dix villages. À Tanger, la production estimée descend à 841 MWh, soit environ huit villages.
Un facteur de capacité pouvant atteindre 45%
Le facteur de capacité, qui compare la production réelle à celle d’une machine fonctionnant en permanence à pleine puissance, varie de 32% à Tanger à 45% à Dakhla.
À 50 mètres de hauteur, Tanger enregistre un pic d’environ 1.000 watts par mètre carré en février. Essaouira, Dakhla et Tarfaya affichent des maximums plus réguliers en juillet, respectivement autour de 700, 600 et 500 watts par mètre carré.
Des résultats prometteurs qui restent exploratoires
L’étude repose sur quatre années de données satellitaires, sans mesures directes par mâts météorologiques, bouées ou stations côtières. Les auteurs présentent donc leurs résultats comme une première évaluation de faisabilité, et non comme un dossier d’investissement finalisé.
Des séries plus longues, une modélisation atmosphérique plus précise et une analyse technico-économique complète seront nécessaires avant un déploiement à grande échelle. Les résultats désignent néanmoins le sud atlantique comme la zone prioritaire pour de futurs projets pilotes.
Avec Le Matin


