Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc, également désigné sous le nom de Gazoduc Afrique Atlantique, est présenté comme un exemple d’interconnexion énergétique continentale par la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), selon Barlamane. Cette infrastructure, destinée à relier les ressources gazières nigérianes aux marchés d’Afrique de l’Ouest et du Maroc, illustre les ambitions de coopération régionale autour de l’énergie et des infrastructures.
Le gazoduc Nigeria-Maroc occupe une place particulière parmi les grands projets d’infrastructures énergétiques envisagés sur le continent africain.
Conçu pour relier progressivement le Nigeria au Maroc en longeant la façade atlantique de l’Afrique de l’Ouest, il vise à favoriser la circulation du gaz naturel entre plusieurs économies de la région.
La Commission économique des Nations unies pour l’Afrique met en avant, selon les informations rapportées par Barlamane, la dimension intégratrice de cette initiative, qui associe développement des infrastructures, coopération entre États et accès aux ressources énergétiques.
Un corridor énergétique reliant l’Afrique de l’Ouest au Maroc
Le projet repose sur la création d’un vaste réseau de transport de gaz naturel destiné à desservir plusieurs pays de la façade atlantique africaine.
Au-delà de l’acheminement du gaz nigérian vers le Maroc, l’infrastructure doit permettre de développer des interconnexions avec les marchés traversés et d’améliorer leur accès à cette ressource énergétique.
Le projet pourrait notamment contribuer à l’approvisionnement des centrales électriques, des industries et d’autres activités consommatrices de gaz naturel.
Sa conception répond ainsi à un objectif plus large que celui d’une simple liaison entre deux pays : développer un corridor énergétique régional susceptible de soutenir l’activité économique et les investissements industriels.
Une initiative inscrite dans la coopération régionale africaine
Le projet a franchi une étape institutionnelle en décembre 2024, lorsque les chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO ont approuvé sa désignation comme Gazoduc Afrique Atlantique, ainsi que le principe d’un accord intergouvernemental.
L’organisation régionale avait également appelé les parties prenantes à accélérer sa mise en œuvre et sollicité l’appui des partenaires au développement et du secteur privé pour son financement.
Cette démarche traduit l’importance accordée au projet dans les stratégies de coopération économique ouest-africaine.
Le gazoduc doit en effet mobiliser plusieurs pays autour d’une infrastructure commune, avec des enjeux de coordination réglementaire, de financement et d’exploitation.
L’énergie comme levier d’industrialisation
L’intérêt économique du gazoduc tient notamment à la possibilité d’améliorer la disponibilité de l’énergie pour les économies situées sur son tracé.
Dans plusieurs pays africains, l’insuffisance des infrastructures énergétiques constitue un obstacle au développement industriel.
La création d’un réseau régional pourrait faciliter l’approvisionnement de certaines activités productives et contribuer à diversifier les sources d’énergie disponibles.
Pour le Maroc, le projet s’inscrit également dans une stratégie visant à renforcer ses connexions énergétiques avec l’Afrique subsaharienne, tout en développant les infrastructures nécessaires à ses propres besoins.
La dimension internationale du gazoduc pourrait, à terme, ouvrir de nouvelles possibilités d’échanges avec les marchés européens, sous réserve de la réalisation des raccordements et des infrastructures nécessaires.
Un projet confronté à des défis de financement et de réalisation
La concrétisation d’une infrastructure de cette ampleur suppose toutefois une coordination importante entre les différents pays concernés.
Les investissements nécessaires, les accords commerciaux, les conditions de transit, la sécurité des installations et la réalisation progressive des tronçons constituent autant d’éléments déterminants.
Le projet nécessite également la mobilisation de partenaires financiers et industriels capables d’accompagner son développement sur plusieurs années.
L’approbation de son cadre institutionnel représente une étape dans cette direction, mais la réalisation effective dépendra de l’avancement des études, des accords et des financements.


