Le rail pollue moins que la route, mais cet avantage climatique peut-il réellement contribuer au financement des infrastructures? La coalition lancée à Rabat veut convertir les émissions évitées en crédits carbone mobilisables.
La coalition MoveCredits a été lancée par l’Office national des chemins de fer et l’Union internationale des chemins de fer à l’issue du Forum sur les solutions d’investissement et de financement pour l’avenir ferroviaire de l’Afrique. Elle réunit des opérateurs ferroviaires et de transport public, des industriels, des acteurs financiers, des gouvernements, des experts, des universitaires et des organisations internationales.
Son objectif est de faciliter l’accès du rail et des transports publics aux marchés carbone. Le principe consiste à valoriser les réductions d’émissions obtenues grâce aux transports collectifs et au transfert de voyageurs ou de marchandises de la route vers le rail, afin de mobiliser de nouvelles ressources pour les projets de mobilité durable.
Mesurer avant de financer
La coalition doit développer des méthodologies adaptées au rail et aux transports publics, renforcer les capacités des acteurs, favoriser la coopération technique et accompagner des projets pilotes. Les premiers travaux viseront les transports collectifs urbains, la grande vitesse ferroviaire et le report du fret routier vers le rail.
Le marché carbone ne produit toutefois une ressource que si la réduction d’émissions est mesurée et vérifiée selon des méthodes reconnues. La robustesse des indicateurs sera donc déterminante pour éviter qu’un avantage climatique annoncé ne soit valorisé sans preuve suffisante.
La Déclaration de Rabat élargit la palette financière
Le lancement intervient avec l’adoption de la Déclaration de Rabat. Celle-ci recommande le financement mixte, les partenariats public-privé, les garanties, les financements climatiques et liés à la durabilité, ainsi que la captation de la valeur foncière autour des transports collectifs.
Pour rappel, cette déclaration prolonge celle de Dakar adoptée en 2023 sur le financement des projets ferroviaires africains. MoveCredits ajoute désormais les marchés carbone, notamment les possibilités liées à l’article 6 de l’Accord de Paris, aux instruments envisagés pour rendre les projets ferroviaires plus finançables.


