L’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE) engage une réforme en profondeur du système de tarification de l’électricité. À l’issue d’un appel d’offres, le régulateur a retenu le cabinet Deloitte Finance pour l’accompagner dans cette mission stratégique, à travers un contrat de 3,9 millions de dirhams portant sur dix mois de travaux.
Cette mission vise à préparer la prochaine période de régulation, dont l’entrée en vigueur est prévue le 1er mars 2027. L’objectif est de mettre en place un cadre tarifaire modernisé, capable d’assurer la viabilité économique des réseaux électriques, de favoriser les investissements et d’accompagner la transformation du secteur énergétique marocain.
Cinq objectifs pour moderniser la régulation
La réforme poursuivra plusieurs objectifs majeurs. L’ANRE entend garantir la pérennité du service public de l’électricité grâce à des tarifs plus transparents et prévisibles, renforcer l’efficacité économique en rapprochant les tarifs des coûts réels, offrir une meilleure visibilité aux investisseurs, harmoniser les méthodes de calcul des différents tarifs et encourager le développement de la flexibilité du réseau ainsi que des solutions de stockage de l’énergie.
Cinq composantes tarifaires concernées
Le cabinet Deloitte Finance sera chargé de revoir les méthodologies et les niveaux de plusieurs composantes du système tarifaire national, notamment :
- le tarif d’utilisation du réseau national de transport (TURT) ;
- la rémunération des services système (TSS) ;
- le tarif d’utilisation des réseaux de distribution moyenne tension (TURD) ;
- le tarif applicable à l’excédent d’électricité produit dans le cadre des lois relatives aux énergies renouvelables et à l’autoproduction (TEX) ;
- la contribution liée aux services de distribution (CSD).
Les travaux porteront également sur le choix des mécanismes de régulation les plus adaptés, qu’il s’agisse de modèles fondés sur les coûts, de plafonds tarifaires ou de dispositifs hybrides, ainsi que sur la structure des tarifs, incluant notamment les modulations horaires, saisonnières ou géographiques.
Une mission étalée sur dix mois
Le projet se déroulera en quatre phases successives. Une première étape sera consacrée au cadrage méthodologique, suivie d’un diagnostic du système actuel. Les quatre mois suivants porteront sur la définition des nouvelles méthodologies tarifaires, avant une dernière phase dédiée au calcul des nouveaux tarifs et à la livraison des modèles utilisés par le régulateur.
Une attention particulière sera accordée au financement des futurs investissements dans les infrastructures électriques, notamment le projet de ligne à très haute tension reliant le sud au centre du Royaume, considéré comme structurant pour le développement du réseau national.
Vers une régulation élargie à l’ensemble du secteur énergétique
Cette réforme s’inscrit dans une évolution plus large des missions de l’ANRE. L’autorité est appelée à élargir progressivement son champ d’intervention au-delà de l’électricité pour couvrir également le gaz naturel, l’hydrogène et ses dérivés. Le futur cadre tarifaire de l’électricité devrait ainsi servir de référence pour la régulation des autres filières énergétiques, avec pour ambition de renforcer la transparence, l’efficacité économique et l’attractivité des investissements dans le secteur de l’énergie au Maroc.
Avec Le Matin


