Le projet du Gazoduc Africain Atlantique Nigeria-Maroc (AAGP) franchit une nouvelle étape. En ce mois de mai 2026, le Royaume accélère la structuration institutionnelle et financière de ce vaste corridor énergétique appelé à relier les ressources gazières de l’Afrique de l’Ouest au Maroc, puis au marché européen.
Selon les informations rapportées par L’Économiste, l’objectif est désormais clair: parvenir à une décision finale d’investissement avant la fin de l’année. Le projet, considéré comme l’un des plus ambitieux du continent, s’inscrit dans une logique de sécurité énergétique euro-africaine, d’intégration régionale et de soutien à l’industrialisation de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.
Les études de faisabilité et de Front End Engineering Design (FEED) ont été finalisées entre mai et octobre 2025. Parallèlement, les États concernés ont validé les termes de l’Accord intergouvernemental (IGA), destiné à encadrer la gouvernance du futur gazoduc au niveau régional. La création d’une Société de Projet chargée du pilotage opérationnel et du montage financier est également en cours.
Début mai 2026, une délégation marocaine conduite par Amina Benkhadra, directrice générale de l’ONHYM, a multiplié les rencontres à Washington avec plusieurs institutions américaines et internationales, parmi lesquelles le Département américain de l’énergie, la Banque mondiale, la U.S. International Development Finance Corporation ou encore l’Atlantic Council.
Ces échanges ont notamment porté sur l’avancement technique du projet et sur sa structuration financière. Les discussions ont également mis en avant le rôle croissant du corridor gazier dans le développement des chaînes de valeur liées aux minerais critiques, devenus stratégiques dans le contexte de la transition énergétique mondiale.
Dans le même temps, le Maroc poursuit le renforcement de sa coopération régionale. À Bamako, en marge des Golden Days 2026, l’ONHYM a signé un partenariat avec le ministère malien des Mines afin de développer des projets communs dans le secteur minier, avec un accent mis sur l’échange d’expertise et le renforcement des capacités.
Sur le plan technique, la section marocaine du gazoduc comprend 1.830 kilomètres de tracé terrestre et 390 kilomètres offshore. La capacité cible est estimée à environ 31 milliards de mètres cubes par an. Le dispositif prévoit notamment quatre stations de compression situées à Boujdour, Tan-Tan, Agadir et Safi, ainsi que deux stations de réception à Dakhla et Ouazzane.
Le projet intègre également un important volet environnemental et social. Les études d’impact menées par l’ONHYM identifient plusieurs zones sensibles, notamment la baie de Dakhla, les oueds Draa, Souss et Sebou, ainsi que différents écosystèmes côtiers. Les mécanismes de suivi annoncés s’alignent sur les standards internationaux de la Banque mondiale et de la Société financière internationale (SFI), avec des dispositifs portant sur la gestion des plaintes, la protection des populations concernées et les questions de réinstallation.
À travers cette dynamique diplomatique, technique et financière, le Maroc consolide progressivement sa position comme plateforme énergétique et acteur clé des futurs équilibres énergétiques entre l’Afrique et l’Europe.
Avec L’Économiste


