Le Maroc poursuit son ambition de faire des énergies renouvelables un pilier de son mix énergétique, avec un objectif de 52 % d’électricité issue de sources propres d’ici 2030. Si le pays a déjà franchi d’importantes étapes, un récent rapport de SolarPower Europe, en collaboration avec le Global Solar Council et le Cluster ENR, met en lumière les actions encore nécessaires pour libérer pleinement le potentiel solaire.
Libéralisation du marché et attractivité des investissements
L’un des leviers clés identifiés est la poursuite de la libéralisation du marché de l’électricité. En facilitant l’accès aux capitaux privés, cette ouverture permettrait aux entreprises d’intensifier leurs investissements dans le solaire et de diversifier l’offre énergétique. En particulier, le marché des contrats d’achat d’électricité (CAE), encadré par la loi 13-09, nécessite un soutien renforcé, notamment par l’adoption de décrets simplifiant l’accès au réseau moyenne tension.
L’amélioration du cadre réglementaire et des incitations financières est également essentielle. Un mécanisme de garantie publique pourrait rassurer les investisseurs, tandis que des incitations fiscales ou la mise en place d’une taxe carbone favoriseraient une adoption plus large des CAE. Encourager les grands consommateurs industriels à s’engager dans ces contrats contribuerait aussi à la réussite de la transition énergétique.
Infrastructure et stockage : des défis techniques majeurs
L’essor de l’énergie solaire ne pourra être pleinement efficace sans une modernisation du réseau électrique. Le rapport insiste sur la nécessité de renforcer les interconnexions entre le sud du pays, riche en ensoleillement, et les grandes zones de consommation situées au nord. Des investissements dans les infrastructures de transport et la digitalisation du réseau sont cruciaux pour améliorer la stabilité et l’efficacité du système.
Autre enjeu de taille : le stockage de l’énergie. Le développement de solutions performantes, notamment les batteries et la gestion intelligente de la demande, permettrait une meilleure intégration des énergies renouvelables tout en stabilisant l’approvisionnement, en particulier lors des pics de consommation. L’implication des industriels dans ces solutions pourrait renforcer la sécurité énergétique du pays.
Autoproduction et simplification des démarches administratives
L’autoproduction d’énergie solaire représente un levier majeur pour réduire les coûts des entreprises tout en diminuant leur empreinte carbone. Toutefois, pour que cette pratique se généralise, il est essentiel d’éliminer les freins administratifs qui ralentissent le développement des projets.
Le rapport recommande la mise en place d’un guichet unique, piloté par des organismes comme Masen, afin de centraliser et d’accélérer les procédures d’autorisation. Une telle simplification favoriserait un déploiement plus rapide des infrastructures solaires et renforcerait l’attractivité du Maroc pour les investisseurs internationaux.
Un secteur en pleine mutation
Malgré ces défis, le Maroc reste un acteur clé de la transition énergétique en Afrique. En optimisant son cadre réglementaire, en renforçant ses infrastructures et en accélérant le déploiement du stockage, le pays pourrait consolider son leadership dans le domaine des énergies renouvelables et attirer de nouveaux investissements stratégiques.