La Banque mondiale a rehaussé son évaluation du programme destiné à renforcer la résilience financière du Maroc face aux risques climatiques, faisant passer sa notation de « modérément insatisfaisant » à « modérément satisfaisant ». L’institution a également décidé de prolonger le projet jusqu’au 31 mai 2028 afin de permettre l’achèvement des principaux mécanismes de financement des catastrophes naturelles.

Mis en œuvre par Atlantic Re et le Fonds de solidarité contre les événements catastrophiques (FSEC), ce programme vise à renforcer les capacités du Royaume à faire face aux conséquences économiques des catastrophes climatiques, notamment les inondations et les séismes.

La restructuration du projet, approuvée le 23 juin 2026, permettra de poursuivre le développement d’outils techniques et financiers tels que les modèles de risques, les mécanismes de réassurance et les instruments de financement innovants, dont la mise en place nécessite des délais plus longs que les projets d’infrastructure classiques.

L’un des principaux chantiers concerne le transfert des risques vers les marchés internationaux de la réassurance. Le Maroc prévoit notamment de compléter son dispositif de couverture contre les inondations par une obligation catastrophe (cat bond) destinée à couvrir le risque sismique, avec une mise en œuvre prévue d’ici 2028.

Le rapport souligne également que le nouveau modèle national d’évaluation du risque d’inondation est désormais finalisé sur le plan technique, tandis que l’intégration des effets du changement climatique dans les différents modèles de risques est en cours.

Sur le plan institutionnel, quatre des cinq programmes de formation prévus ont déjà été réalisés au profit des administrations concernées, notamment sur les mécanismes de gestion et de transfert des risques. Les plans de communication et de gestion de crise ont également été finalisés.

En revanche, certains volets restent à déployer, notamment la plateforme nationale de formation en ligne ainsi que l’acquisition de 800 capteurs destinés au futur système de réassurance contre les inondations urbaines.

À fin juin 2026, 700.000 dollars avaient été décaissés sur une enveloppe globale de 5 millions de dollars, soit un taux d’exécution de 14 %. La Banque mondiale estime toutefois que ce rythme est cohérent avec la nature du projet, les principales dépenses devant intervenir lors des phases de déploiement prévues en 2027 et 2028.

À travers ce programme, le Maroc poursuit la mise en place d’une stratégie de résilience financière face aux risques climatiques, combinant modélisation des risques, réassurance souveraine, obligations catastrophe et renforcement des capacités institutionnelles afin de mieux protéger les finances publiques et les populations face aux événements extrêmes.

Avec Le360

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