La transformation durable franchit une nouvelle étape au sein du secteur public marocain. HEC Paris et l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) viennent de lancer un programme certifiant destiné aux entreprises et établissements publics, avec l’ambition d’ancrer les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) au cœur de leur stratégie et de leur pilotage.

Portée par l’Agence nationale de gestion stratégique des participations de l’État (ANGSPE), cette initiative concerne un portefeuille qui représente une part importante de l’économie nationale. L’objectif est clair : faire de l’ESG non plus un simple exercice de conformité ou de communication, mais un véritable outil de gestion, de performance et de création de valeur.

Le programme intervient dans un contexte où les exigences en matière de durabilité se renforcent rapidement. Les entreprises publiques sont désormais confrontées à de nouvelles attentes en matière de décarbonation, de gouvernance, de transparence, de gestion des risques et de reporting extra-financier. Elles doivent également anticiper les évolutions réglementaires internationales qui impactent directement les exportations, les financements et les investissements.

Structuré autour de douze journées de formation réparties entre Rabat et le campus d’HEC Paris, le parcours abordera les grands enjeux liés au climat, à l’énergie, à la finance durable, aux investissements responsables, aux droits humains, au devoir de vigilance et à la gouvernance publique.

L’une des particularités du programme réside dans sa dimension opérationnelle. Les participants seront formés à transformer les engagements ESG en décisions concrètes : évaluation des risques climatiques, intégration des critères de durabilité dans les investissements, fiabilisation des données extra-financières, prévention du greenwashing ou encore pilotage des indicateurs de performance.

Cette démarche s’inscrit dans la stratégie nationale de transition durable. Le Maroc s’est engagé à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 53% à l’horizon 2035 et poursuit son objectif de porter les énergies renouvelables à plus de 52% de la capacité électrique installée. Pour atteindre ces ambitions, le rôle des entreprises publiques apparaît déterminant, notamment dans les secteurs de l’énergie, des infrastructures, des transports ou de l’industrie.

Au-delà de la formation, l’initiative traduit une évolution profonde de la gouvernance économique. Longtemps considérés comme des sujets périphériques, les critères ESG deviennent progressivement des paramètres centraux dans l’évaluation de la performance des organisations. Ils influencent désormais l’accès au financement, la réputation des institutions, l’attractivité des investissements et la capacité à répondre aux attentes des citoyens.

Pour les entreprises publiques marocaines, l’enjeu consiste désormais à passer d’une logique de conformité à une logique de transformation. Dans un environnement économique de plus en plus marqué par les impératifs climatiques, la raréfaction des ressources et les exigences des marchés internationaux, la maîtrise des enjeux ESG devient un facteur de compétitivité autant qu’un levier de résilience.

À travers ce partenariat entre HEC Paris, l’UM6P et l’ANGSPE, le Maroc cherche ainsi à préparer ses décideurs publics aux nouveaux standards de gouvernance durable qui redessinent progressivement les règles de l’économie mondiale.

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