Le Maroc franchit une nouvelle étape dans sa stratégie énergétique. Un décret publié au Bulletin officiel vient fixer les قواعد de l’autoproduction d’électricité, avec l’ambition de stimuler l’investissement et d’encourager le recours aux énergies renouvelables.
Ce texte introduit un cadre réglementaire détaillé pour la création et l’exploitation des unités de production d’électricité destinées à l’autoconsommation. L’objectif est double : faciliter la production locale d’énergie et renforcer la transition vers un modèle énergétique plus durable.
Un cadre pour structurer l’autoproduction
Le décret précise les conditions d’obtention des autorisations et des licences nécessaires à la mise en place des installations. Il encadre également les مراحل d’instruction des dossiers, en intégrant des exigences techniques et environnementales strictes.
À travers cette réforme, les autorités cherchent à lever les freins administratifs et à sécuriser les investissements, tout en garantissant la stabilité du réseau électrique national.
L’enjeu est de favoriser une production décentralisée de l’électricité, en permettant aux producteurs autonomes — notamment dans le solaire et les renouvelables — de se connecter au réseau dans un cadre réglementé.
Raccordement : des règles strictes mais encadrées
Le texte détaille les modalités de raccordement au réseau électrique. Les porteurs de projets doivent déposer une demande auprès du gestionnaire du réseau, accompagnée d’une étude technique.
L’autorisation dépendra notamment de la capacité disponible sur le réseau. Les équipements utilisés devront répondre aux normes en vigueur et être certifiés par des organismes agréés.
Le décret fixe également des délais précis : la mise en service doit intervenir dans un délai de deux ans après validation, avec la possibilité d’une prolongation d’un an en cas de circonstances exceptionnelles.
En cas de non-conformité ou de non-respect des obligations, l’autorisation peut être suspendue, voire retirée, après avertissement.
Exploitation : contrôle et suivi renforcés
Une fois l’installation réalisée, l’exploitant doit obtenir une autorisation d’exploitation. Celle-ci est délivrée dans un délai maximum d’un mois, après vérification des documents et de la conformité technique.
L’exploitation implique un suivi continu des performances, le respect des normes techniques et environnementales, ainsi que la gestion des éventuels incidents.
Le dispositif vise à garantir une production fiable, sécurisée et conforme aux standards nationaux.
Digitalisation : une plateforme pour simplifier les procédures
Autre innovation majeure : la mise en place d’une plateforme électronique dédiée. Celle-ci permettra de centraliser les démarches liées à l’autoproduction, depuis le dépôt des demandes jusqu’au suivi des dossiers.
À terme, toutes les procédures — autorisation, raccordement, exploitation — devront passer par cette plateforme. L’objectif est de réduire les délais, améliorer la transparence et limiter les démarches administratives physiques.
Une impulsion pour les énergies renouvelables
Avec ce nouveau cadre, le Maroc entend accélérer le développement de l’autoproduction, notamment dans les énergies renouvelables. Cette orientation s’inscrit dans la stratégie nationale visant à diversifier le mix énergétique et à renforcer l’indépendance énergétique.
En clarifiant les règles du jeu, les autorités espèrent attirer davantage d’investissements privés et encourager les acteurs économiques à produire leur propre énergie.
Au final, cette réforme marque un tournant vers un modèle énergétique plus décentralisé, plus flexible et mieux encadré.


