Le Maroc fait face à un recul préoccupant de sa biodiversité. C’est ce que révèle le rapport intitulé « Évaluation nationale de la biodiversité et des services écosystémiques », publié en 2024 et rendu public récemment. Ce document dresse un état des lieux détaillé du patrimoine naturel national, vingt ans après la dernière évaluation.
Le rapport met en évidence une dégradation généralisée des écosystèmes, sous l’effet conjugué des pressions humaines et du changement climatique. Selon ses conclusions, près de 22 % de la biodiversité nationale pourrait disparaître à l’horizon 2050 en l’absence de mesures correctives.
Cette évolution s’inscrit dans une tendance déjà observée, marquée par une augmentation du nombre d’espèces menacées et un déclin continu de leurs populations. Les écosystèmes terrestres, marins et forestiers sont tous concernés, malgré la richesse naturelle du Royaume.
Le document souligne également que la biodiversité demeure insuffisamment connue. Plusieurs catégories, notamment les espèces marines, les invertébrés ou encore les champignons, restent peu étudiées, ce qui limite la capacité à identifier les priorités en matière de protection.
Sur le plan institutionnel, le rapport met en avant des insuffisances dans la mise en œuvre des politiques de conservation. Les aires protégées couvrent une part limitée du territoire, et leur gestion reste inégale. Par ailleurs, la coordination entre les différents acteurs concernés apparaît encore insuffisante.
Les pressions exercées sur les milieux naturels sont multiples. L’urbanisation, la déforestation, l’agriculture intensive, la surexploitation des ressources naturelles ainsi que les effets du changement climatique contribuent à la dégradation des écosystèmes.
Face à cette situation, le rapport appelle à un renforcement des actions de préservation. Il préconise notamment l’extension des aires protégées, l’amélioration des connaissances scientifiques, le renforcement du cadre juridique et une meilleure intégration des enjeux environnementaux dans les politiques publiques.
Au-delà de la dimension écologique, les auteurs rappellent que la biodiversité constitue un élément essentiel du développement économique, notamment pour des secteurs tels que l’agriculture, la pêche ou le tourisme.
Le document souligne ainsi l’urgence d’une action coordonnée afin de préserver ce patrimoine naturel, dont la dégradation pourrait avoir des conséquences durables sur les équilibres économiques et environnementaux du pays.


