Le Zimbabwe a décidé d’interdire l’exportation de minerais bruts, notamment le lithium, afin d’obliger les groupes miniers à transformer cette ressource directement sur son territoire. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie visant à accroître les retombées économiques locales dans la chaîne de valeur des batteries pour véhicules électriques.
Miser sur la transformation locale
Le gouvernement zimbabwéen souhaite pousser les industriels à investir dans des unités de raffinage et de transformation du lithium dans le pays, plutôt que d’exporter la matière brute.
Selon le ministre des Mines Polite Kambamura, cette décision est motivée par l’« intérêt national », avec l’objectif de renforcer l’industrialisation et d’augmenter la part de valeur captée localement.
Un acteur majeur du lithium
Le Zimbabwe est aujourd’hui le premier producteur africain de lithium et l’un des acteurs importants du marché mondial. Le pays disposerait d’environ 126 millions de tonnes de ressources, tandis que le secteur minier représente déjà plus de 14 % du PIB.
En 2025, les exportations de lithium ont dépassé 1,1 million de tonnes, principalement à destination de la Chine, qui transforme ensuite le minerai en produits utilisés dans les batteries.
Une réaction immédiate des marchés
L’annonce de l’interdiction d’exporter du lithium brut a rapidement fait réagir les marchés. Le prix du lithium a progressé de plus de 5 % en une journée sur le marché chinois de Canton, atteignant environ 177 000 yuans la tonne.
Cette hausse s’inscrit dans une tendance plus large : le prix du lithium a déjà doublé depuis novembre 2025, sous l’effet de la demande croissante liée à l’essor des véhicules électriques.
Une bataille mondiale autour des métaux stratégiques
Le Zimbabwe n’est pas le seul pays à vouloir reprendre le contrôle de ses ressources. Plusieurs États riches en métaux essentiels à la transition énergétique adoptent des politiques similaires.
La République démocratique du Congo a déjà limité les exportations de cobalt, tandis que l’Indonésie a imposé des restrictions sur le nickel afin de développer une industrie locale.
Un enjeu stratégique pour l’automobile électrique
Ces décisions soulignent un enjeu majeur pour l’industrie automobile : la sécurisation de l’approvisionnement en matières premières nécessaires à la production de batteries.
Dans le cas du Zimbabwe, la mesure vise aussi à modifier l’équilibre actuel, où une grande partie du lithium extrait est exportée vers la Chine pour y être transformée.
En cherchant à relocaliser cette étape industrielle, Harare veut s’imposer comme un acteur complet de la chaîne de valeur des batteries, et non plus seulement comme fournisseur de matières premières.


