L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) entame une nouvelle étape dans le projet de ligne électrique ultra haute tension reliant Boujdour à Tensift. L’organisme a lancé les études topographiques destinées à préparer le tracé de cette infrastructure stratégique appelée à transporter l’électricité produite dans les provinces du Sud vers le centre du pays.
Une infrastructure pour transporter l’électricité renouvelable
Le projet prévoit la mise en place d’une « autoroute électrique » capable d’acheminer jusqu’à 3.000 MW d’énergie renouvelable vers les zones de consommation du centre du Royaume.
Les études lancées concernent un réseau de lignes couvrant près de 2.000 kilomètres, réparti en deux tronçons principaux :
- Oued Lakraâ – Tan-Tan, avec environ 1.000 km de lignes parallèles
- Tan-Tan – Marrakech, sur une distance équivalente
Ces études doivent permettre de définir le tracé optimal de l’infrastructure tout en prenant en compte les contraintes du terrain.
Une phase préparatoire essentielle
Le cabinet chargé des études devra notamment effectuer des reconnaissances de terrain, l’optimisation du tracé et l’identification des zones sensibles, comme les agglomérations, les forêts ou les infrastructures existantes.
La mission comprend également le relevé topographique précis des terrains, l’identification de leur statut juridique et l’évaluation d’éventuels impacts sur les cultures.
Un projet stratégique pour le réseau électrique
Cette ligne s’inscrit dans le projet global de corridor électrique Sud-Centre, confié en 2025 à un consortium réunissant le Fonds Mohammed VI pour l’investissement, Taqa Morocco et Nareva.
L’infrastructure, longue d’environ 1.400 km, permettra de renforcer la capacité de transport du réseau électrique national et d’accompagner le développement des énergies renouvelables dans les provinces du Sud.
Mise en service progressive
Le projet sera déployé en deux phases :
- 1.500 MW de capacité attendus en 2026
- 1.500 MW supplémentaires prévus en 2028
Une fois opérationnelle, l’infrastructure sera exploitée par l’ONEE, en tant que gestionnaire du réseau électrique national.
Un investissement majeur pour la transition énergétique
Le projet global représente un investissement estimé à 130 milliards de dirhams et devrait générer près de 25.000 emplois, dont plus de 10.000 postes permanents.
Il contribuera également à renforcer l’intégration des énergies renouvelables dans le mix énergétique national, en complétant la ligne actuelle de 400 kilovolts, qui transporte déjà environ 1.500 MW issus notamment des parcs éoliens et solaires du sud du Maroc.


