Les opérations d’abattage menées ces derniers jours dans la forêt de la Maâmora ont provoqué une vive émotion parmi les défenseurs de l’environnement et les habitants des zones riveraines. Plusieurs dizaines d’arbres auraient été coupés dans différentes parcelles de ce massif emblématique, considéré comme la plus vaste forêt de chênes-liège du Maroc et l’un des principaux poumons verts de la région Rabat-Salé-Kénitra.
Selon des sources locales citées par Assabah, ces interventions s’inscriraient dans le cadre de travaux d’aménagement de la voirie forestière et d’opérations de gestion des espaces boisés. Mais le manque de communication officielle détaillée sur l’ampleur exacte des coupes et leurs objectifs précis a rapidement alimenté les interrogations. Combien d’arbres ont été abattus ? Sur quelles superficies ? Dans quel cadre technique et avec quelles mesures compensatoires ? Autant de questions qui restent, pour l’heure, sans réponse claire.
Les associations écologistes et plusieurs représentants de la société civile estiment que la sensibilité écologique du site impose une transparence totale. La Maâmora n’est pas une forêt ordinaire. S’étendant sur près de 130.000 hectares, elle abrite une biodiversité précieuse et joue un rôle essentiel dans la fixation des sols, la régulation du microclimat local et la lutte contre l’avancée du sable. Elle constitue également un espace de détente et de loisirs vital pour des milliers de citoyens.
Des professionnels du secteur forestier rappellent que des coupes peuvent s’inscrire dans un cycle normal de gestion, visant à favoriser la régénération naturelle du peuplement, à limiter la propagation de maladies ou à réduire les risques d’incendie. Mais les écologistes soulignent que toute intervention de cette nature doit impérativement s’accompagner d’un plan de reboisement clair et d’un calendrier précis de réhabilitation, sous peine d’aggraver la fragilité d’un écosystème déjà soumis à de multiples pressions, entre extension urbaine, surpâturage et effets du changement climatique.
Au-delà de l’épisode actuel, l’affaire relance le débat sur la gouvernance des espaces naturels au Maroc. Dans un contexte où les enjeux environnementaux occupent une place croissante dans le débat public, la gestion de la Maâmora apparaît comme un test de crédibilité pour les politiques de préservation du patrimoine forestier national.
Avec Asasbah


