A l’occasion de la Journée internationale des énergies propres, le président directeur général de l’Agence marocaine pour l’énergie durable (MASEN), Tarik Ameziane Moufaddal, met en lumière dans un entretien à la MAP, les acquis et les progrès réalisés par le Royaume en matière de transition énergétique.
Il s’attarde également sur le rôle que jouent les projets d’énergie renouvelables en tant que leviers de développement inclusif, à même de promouvoir l’industrie nationale, renforcer les compétences locales et créer de la valeur pour les territoires.
1. Les énergies d’origine solaire et éolienne ont connu une ascension notoire durant les dernières années dans le Royaume. Quels sont les prochains objectifs à atteindre et les chantiers à entreprendre ?
Sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, le Maroc a fait le choix stratégique de placer les énergies renouvelables au cœur de son modèle de développement. Cette vision ambitieuse porte déjà ses fruits : plus de 46 % de la capacité électrique installée du Royaume provient aujourd’hui de sources renouvelables, confirmant la solidité de la trajectoire engagée.
Les objectifs à venir s’inscrivent dans cette dynamique. Il s’agit de renforcer l’intégration des énergies solaire et éolienne pour atteindre, et dépasser, la barre des 52 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2030, tout en préparant le système énergétique aux défis à plus long terme.
Cette transition est cruciale : la demande en électricité progresse de plus de 7 % par an, portée par la croissance économique et l’émergence de nouveaux usages.
Pour y parvenir, plusieurs chantiers sont prioritaires : déployer de nouvelles capacités renouvelables, intégrer des solutions de flexibilité et de stockage, et ancrer les projets dans les territoires afin de maximiser leur impact social et économique.
Cette ambition entre dans une phase décisive en 2026, année de concrétisation de projets majeurs portés par MASEN, avec 5 GW de capacité supplémentaire programmée d’ici 2030.
Parmi eux, le programme solaire NOOR Atlas, le Complexe solaire NOOR Midelt, les projets photovoltaïques multisites, ainsi que les parcs éoliens du programme NASSIM à déployer dans différentes régions du Royaume.
Ces projets illustrent la dynamique d’innovation qui nous anime : des projets compétitifs et performants, conçus pour être des leviers puissants de développement durable, au service des territoires et de l’économie nationale.
2. Quelles sont les avancées de “l’Offre Maroc” pour l’hydrogène vert ?
Aujourd’hui le Maroc s’engage dans la filière de l’hydrogène vert avec ambition et pragmatisme. Cette orientation s’est concrétisée par le lancement de “l’Offre Maroc Hydrogène Vert”, une étape clé dans la transition énergétique en marche.
MASEN, en tant que point focal de cette initiative, pilote la dynamique en coordination étroite avec les acteurs publics et privés. La stratégie repose sur une gouvernance claire, un cadre transparent pour les investisseurs et une approche progressive, adaptée à la maturité de cette filière émergente.
En moins de deux ans, les avancées sont d’ores et déjà tangibles : l’Offre Maroc a suscité l’intérêt d’investisseurs de premier plan. Sept projets intégrés d’hydrogène vert et de ses dérivés ont été retenus dans les régions du Sud du Royaume, portés par des consortiums nationaux et internationaux, représentant des investissements majeurs.
Mais l’ambition va au-delà des projets. L’Offre Maroc agit comme un catalyseur pour structurer un écosystème complet : infrastructures, innovation, formation et intégration industrielle.
L’objectif est clair : positionner le Maroc comme la plateforme incontournable pour la production et l’export de l’hydrogène vert, en faire un levier de compétitivité industrielle et moteur de développement territorial durable.
3. Quels sont les défis qui s’imposent face au chantier des énergies renouvelables au Maroc ?
Le chantier des énergies renouvelables au Maroc est ambitieux et structurant, porteur d’opportunités mais aussi de défis stratégiques.
Le premier consiste à intégrer massivement les énergies solaire et éolienne dans le mix électrique, dans un contexte de forte croissance de la demande et d’émergence de nouveaux usages. Cela implique d’adapter en continu les modèles de développement et les solutions technologiques, notamment en matière de stockage pour gérer l’intermittence.
Un autre enjeu majeur : préserver la compétitivité des projets tout en élevant les standards de performance, de durabilité et d’impact local. L’évolution rapide des technologies, des marchés et des mécanismes de financement impose une capacité d’adaptation permanente – une force qui caractérise le modèle marocain depuis ses débuts.
Enfin, la transition énergétique doit rester un levier de développement inclusif. Elle doit renforcer l’intégration industrielle nationale, développer les compétences et générer des retombées positives pour les territoires.
C’est cette approche globale, alliant vision de long terme, innovation et partenariats public-privé, qui permettra au Maroc de relever ces défis et de consolider son rôle de leader régional et continental dans les énergies renouvelables.
Propos recueillis par Ilias Khalafi
Source: MAP


