Le Maroc consolide sa position de partenaire clé du Fonds international de développement agricole (FIDA), à la fois comme pays bénéficiaire de projets de terrain et comme acteur institutionnel engagé dans les mécanismes internationaux de financement du développement rural.
Dans son Impact Report 2024, publié récemment, le FIDA met en avant le rôle stratégique du Royaume, notamment à travers un fait marquant de l’année 2024 : le partenariat inédit conclu avec Bank Al-Maghrib. La Banque centrale marocaine a participé à une émission obligataire durable en euros d’un montant de 100 millions d’euros, faisant du Maroc le premier pays d’Afrique et du monde arabe à investir directement dans les obligations durables du FIDA. Une opération qui illustre la crédibilité financière du Royaume et renforce le lien entre les marchés marocains et les instruments internationaux dédiés au financement du monde rural.
Le rapport souligne également que le Maroc figure parmi les pays bénéficiaires du portefeuille de 30 projets financés grâce aux émissions d’obligations durables du FIDA sur la période 2022-2024, pour un montant global de 646 millions de dollars. Ces projets concernent la région Proche-Orient, Afrique du Nord et Europe (NENA), qui représente environ 13% du portefeuille géographique total du Fonds.
Une coopération alignée sur les priorités nationales
Les interventions du FIDA dans la région – et au Maroc – portent principalement sur l’accès aux marchés agricoles, la gestion durable des ressources naturelles, le renforcement des politiques rurales, la résilience climatique et la sécurité alimentaire. Le Fonds met en avant la cohérence de ses actions avec les priorités nationales marocaines en matière de transformation des systèmes agricoles, d’adaptation au changement climatique et d’inclusion des petits agriculteurs.
Le rapport insiste par ailleurs sur l’intégration transversale de thématiques telles que la nutrition, l’égalité de genre, l’emploi des jeunes et la durabilité environnementale, désormais considérées comme centrales dans les politiques rurales du pays.
Un nouveau projet intégré prévu à Khénifra
Au-delà de son statut de pays d’intervention, le Maroc apparaît aussi comme un contributeur crédible à la finance durable internationale. Cette double posture – bénéficiaire et investisseur – renforce son rôle de partenaire stratégique du FIDA et de pont entre l’Afrique, le monde arabe et les marchés financiers internationaux.
Dans cette dynamique, le FIDA prévoit un nouveau prêt de 65,6 millions de dollars au profit du Maroc, destiné à financer un projet de développement rural intégré dans la province de Khénifra. Ce financement s’inscrit dans le cadre du Programme d’options stratégiques du Fonds pour le Maroc (COSOP) 2022-2027, qui redéfinit la présence du FIDA dans le Royaume autour d’une logique programmatique et d’une concentration géographique sur les zones de montagne.
L’intervention prévue à Khénifra viendra prolonger l’approche déjà déployée dans plusieurs projets en cours, notamment dans l’Atlas, le Pré-Rif de Taza et d’autres territoires de montagne. Elle vise à améliorer durablement les revenus, renforcer l’inclusion économique des jeunes et des femmes, moderniser les systèmes de production et accroître la résilience climatique des zones rurales.
À travers cette coopération, le Maroc confirme ainsi sa volonté de s’inscrire dans une trajectoire de transformation du monde rural, en misant sur une agriculture plus solidaire, inclusive et durable.
Avec Le Matin


