Les réserves hydriques du Maroc enregistrent une progression notable en ce début d’année 2026. Au 8 janvier, le volume d’eau stocké dans les barrages du Royaume a atteint 7,58 milliards de mètres cubes, un seuil qui n’avait plus été observé depuis juillet 2021. Cette évolution marque une amélioration sensible de la situation hydrique nationale après plusieurs années de forte tension sur la ressource.
Selon les données disponibles, le taux de remplissage global des barrages est passé de 31,1 % à la mi-décembre à 45,26 % en moins d’un mois. Une hausse rapide, qualifiée d’exceptionnelle par les observateurs, portée par des précipitations abondantes enregistrées sur l’ensemble du territoire.
Des apports massifs concentrés en quelques semaines
Entre le 1er septembre 2025 et le 8 janvier 2026, les apports cumulés aux barrages ont atteint 3,427 milliards de mètres cubes. Fait marquant : près de 88 % de ces volumes ont été enregistrés sur la seule période allant du 12 décembre au 8 janvier, soit un apport de plus de 3 milliards de mètres cubes en quelques semaines.
Cette dynamique a conduit plusieurs barrages à atteindre, voire dépasser, leurs niveaux de retenue habituels. Dans le bassin du Sebou notamment, certains ouvrages procèdent actuellement à l’évacuation de leurs excédents. Plus de 32 petits barrages affichent même un taux de remplissage supérieur à 100 %, signe de l’intensité des apports récents.
Pluies et neige : un hiver exceptionnel
Sur le plan climatique, les chiffres confirment le caractère atypique de cette saison. Les précipitations cumulées depuis septembre ont atteint 108 mm, soit un excédent d’environ 94 % par rapport à une année normale et une hausse de 21 % comparée à la moyenne habituelle. À cela s’ajoutent d’importantes chutes de neige ayant couvert plus de 55.400 km², un niveau rarement observé ces dernières années.
Un soulagement, mais pas un retour à l’abondance
Si cette amélioration constitue un répit majeur pour l’approvisionnement en eau potable, l’irrigation agricole et la production hydroélectrique, elle ne signifie pas pour autant la fin des difficultés structurelles liées à la gestion de l’eau. Les autorités et les experts rappellent que la variabilité climatique reste forte et que la pression sur la ressource demeure élevée, notamment dans certains bassins stratégiques.
Ces niveaux records redonnent toutefois une marge de manœuvre bienvenue au pays, à un moment où la rationalisation de l’usage de l’eau, le dessalement, la réutilisation des eaux usées et l’interconnexion des bassins restent des priorités nationales. En ce début de 2026, le Maroc bénéficie ainsi d’un bol d’oxygène hydrique, dont la consolidation dépendra de l’évolution des conditions climatiques dans les mois à venir.


