Les dommages liés à la pollution plastique coûteraient environ 1,2 milliard de dollars par an au Maroc, soit près de 12 milliards de dirhams. La fourchette estimée se situe entre 750 millions et 2,5 milliards de dollars.
C’est l’estimation avancée par le rapport « Counting the Cost of Plastic Pollution in Egypt, Morocco and Tunisia » de Greenpeace Middle East and North Africa. Le calcul porte uniquement sur les dommages provoqués par les plastiques qui atteignent les écosystèmes marins de la Méditerranée. Il exclut la façade atlantique ainsi que plusieurs coûts directs, notamment ceux qui pourraient toucher le tourisme, la pêche, le transport maritime et la santé. Le montant avancé constitue donc une estimation partielle.
Le Maroc produit chaque année 3,97 millions de tonnes de déchets municipaux, dont 422 000 tonnes de plastique. Environ 250 000 tonnes de déchets plastiques sont mal gérées et 75 000 tonnes atteignent la mer, soit près de 17,8 % du volume de plastique généré.
Les zones côtières contribuent à hauteur de 59 % au produit intérieur brut et représentent 52 % des emplois. Elles concentrent également 81 % de l’industrie marocaine, tandis que 65 % de la population vit à moins de 100 kilomètres de la mer.
Les écarts de collecte restent importants. Le taux atteignait environ 96 % en milieu urbain en 2019, contre 10 % en milieu rural. Environ 15 % des déchets plastiques échappent à la collecte et 73 % de ceux qui sont collectés ne sont pas recyclés. Sur les 26 centres de tri prévus au niveau national, neuf ont été construits et trois seulement sont opérationnels.
Si le système actuel ne change pas, les dommages cumulés pourraient atteindre entre 13,4 et 44,3 milliards de dollars à l’horizon 2040. L’estimation centrale s’élève à environ 22 milliards de dollars, soit près de 220 milliards de dirhams, toujours dans le périmètre retenu par l’étude.
Le rapport estime que des restrictions visant certains plastiques à usage unique pourraient réduire d’environ 23 % les fuites vers la mer et éviter chaque année entre 170 et 580 millions de dollars de dommages. Une amélioration de la gestion des déchets dans les localités les plus polluantes pourrait réduire ces fuites d’environ 25 % et éviter entre 190 et 620 millions de dollars de dommages annuels.
Greenpeace recommande d’étendre la responsabilité des producteurs à l’ensemble des emballages, d’améliorer la collecte et le tri, de rendre les centres existants opérationnels et de formaliser progressivement l’activité des récupérateurs informels.


