Les besoins climatiques se chiffrent en dizaines de milliards de dollars, tandis que plusieurs lignes de financement ciblent les investissements énergétiques, hydriques et industriels.
Le financement de la transition écologique marocaine repose de plus en plus sur les banques, les investisseurs institutionnels et les bailleurs internationaux. Pour les petites et moyennes entreprises, le crédit bancaire reste le principal accès aux ressources nécessaires pour investir dans des équipements plus sobres en énergie ou en eau.
Dans un dossier publié le 28 septembre, Le Nouvelliste Maroc rappelle que la Banque mondiale évalue à environ 78 milliards de dollars les investissements nécessaires entre 2022 et 2050 pour placer le Maroc sur une trajectoire résiliente et bas carbone.
La Contribution déterminée au niveau national 3.0, soumise en septembre 2025, comprend 80 objectifs sectoriels et 107 projets structurants à l’horizon 2035. Le ministère de l’Économie et des Finances chiffre à 96 milliards de dollars les investissements nécessaires à sa mise en œuvre.
La stratégie vise 50 % de ressources privées
Le Maroc a adopté en septembre 2024 une Stratégie de développement de la finance climat à l’horizon 2030. Elle a été élaborée avec la participation du ministère de l’Économie et des Finances, de Bank Al-Maghrib, de l’Autorité marocaine du marché des capitaux et de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale.
Les flux de financement climatique restent majoritairement publics et se concentrent surtout sur l’atténuation, notamment les énergies renouvelables. Les projets d’adaptation attirent moins de capitaux privés, à l’exception du dessalement de l’eau de mer.
La stratégie prévoit de mobiliser 50 % des ressources nécessaires auprès du secteur privé. Les banques locales occupent une place centrale dans ce dispositif, en transformant les ressources apportées par les institutions financières internationales en crédits destinés aux entreprises.
Plusieurs enveloppes passent par les banques marocaines
En février 2024, IFC a accordé 100 millions de dollars à Crédit du Maroc pour soutenir les PME, l’entrepreneuriat féminin et les investissements verts. Les secteurs concernés comprennent l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, les bâtiments verts et l’agriculture adaptée aux enjeux climatiques.
En 2025, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement et ses partenaires ont annoncé un financement vert pouvant atteindre 50 millions d’euros au profit de Crédit du Maroc. Une première enveloppe allant jusqu’à 25 millions d’euros cible les PME et leurs investissements dans le solaire, l’efficacité énergétique et hydrique, les bâtiments sobres et l’économie circulaire.
Une seconde enveloppe pouvant également atteindre 25 millions d’euros vise les entreprises de taille intermédiaire et les grands groupes. Elle couvre les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique industrielle, la construction durable, le traitement des eaux usées et le dessalement.
La BERD et ses partenaires ont également annoncé jusqu’à 65 millions d’euros en faveur de BMCI. SAHAM Bank a, de son côté, obtenu un financement pouvant atteindre 55 millions d’euros pour des prêts destinés aux PME, aux entreprises intermédiaires et aux grandes sociétés marocaines.
Le coût initial reste un obstacle pour les PME
Pour une PME industrielle, un investissement vert peut prendre la forme de panneaux photovoltaïques, du remplacement d’une machine énergivore, d’un système réduisant la consommation d’eau ou d’un équipement destiné à diminuer les émissions d’un processus de production.
Ces investissements produisent généralement leurs effets sur plusieurs années, alors que l’entreprise doit supporter immédiatement le coût de l’équipement. Les dispositifs associant crédit, financement concessionnel, assistance technique et subvention visent à réduire cet obstacle.
La taxonomie verte doit établir des critères communs
La définition des activités pouvant être considérées comme vertes reste un chantier réglementaire. En juillet 2026, une consultation publique a été lancée sur le projet marocain de taxonomie financière verte.
Le ministère de l’Économie et des Finances, Bank Al-Maghrib, l’AMMC, l’ACAPS et le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable participent à cette démarche, avec un soutien technique comprenant notamment la Banque mondiale et Expertise France.
La taxonomie doit fournir des critères communs aux banques, aux investisseurs, aux entreprises et aux autorités. Elle doit également permettre de mieux comparer les projets présentés comme verts et de rendre les flux financiers plus transparents.
La Banque mondiale vise 400 millions de dollars de capitaux privés
En juin 2026, la Banque mondiale a engagé un programme de 400 millions de dollars consacré au financement des risques climatiques. Il prévoit notamment un mécanisme de préparation de projets dans les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique, le transport durable et les infrastructures hydriques.
Sur cinq ans, ce programme vise à mobiliser jusqu’à 400 millions de dollars de capitaux privés grâce à des mécanismes de financement mixte et à des instruments de marché.


