Le secteur halieutique marocain fait face à des turbulences majeures. Selon le dernier rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Maroc est relégué du 13ᵉ au 15ᵉ rang mondial des producteurs aquatiques en milieu marin, illustrant l’essoufflement de la production nationale sous l’effet des perturbations climatiques et de la surpression sur les ressources. (D’après L’Économiste)
Après une décennie de croissance historique — passant de 463 000 tonnes en 1980 à un pic de plus de 1,54 million de tonnes en 2022 —, la production nationale a marqué le pas pour se stabiliser à 1,39 million de tonnes, représentant 1,7 % des captures marines mondiales (contre 2 % auparavant).
Un secteur pris en étau entre dérèglement climatique et pêche illégale
Ce recul reflète une vulnérabilité accrue des écosystèmes marins le long de la façade atlantique et méditerranéenne :
- Impacts climatiques : Les modifications des températures de l’eau et des courants marins perturbent les cycles de reproduction et les trajectoires de migration des stocks halieutiques.
- Pression anthropique : La persistance de la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) accentue la raréfaction des ressources locales, en particulier sur le segment des petits pélagiques.
- Concentration mondiale : Le marché des captures marines (79,6 millions de tonnes au total) reste dominé par sept géants (Chine en tête avec 14,8 % du volume mondial, Indonésie, Pérou, Russie, Inde, États-Unis et Viêt Nam) qui captent plus de la moitié de la production globale.
Le Maroc maintient son rang de 3ᵉ fournisseur de l’Union européenne
Malgré la baisse des volumes de capture, la filière halieutique nationale conserve une performance à forte valeur ajoutée à l’exportation. Sur un marché communautaire européen représentant 63,2 milliards de dollars d’importations :
| Indicateur | Position / Volume |
| Rang mondial du Maroc (captures) | 15ᵉ rang (1,39 Mt en 2024) |
| Positionnement sur le marché UE | 3ᵉ fournisseur hors-UE (derrière la Norvège et l’Équateur) |
| Produits moteurs à l’export | Céphalopodes (poulpes, calmars, seiches), conserves et farine de poisson |
L’enjeu d’une gestion durable des ressources :
Face à la baisse des stocks, le renforcement de la traçabilité, le strict respect des repos biologiques et le développement d’une aquaculture écoresponsable s’imposent comme des leviers incontournables pour garantir la souveraineté alimentaire nationale et pérenniser le positionnement stratégique du Royaume sur le marché européen.


