La Banque mondiale estime que le développement du dessalement constitue une réponse indispensable au stress hydrique, mais qu’il ne suffira pas à lui seul à garantir la sécurité en eau du Maroc. L’institution recommande d’accompagner cette stratégie par une réduction des pertes sur les réseaux, une meilleure maîtrise de la demande, une réutilisation accrue des eaux usées traitées et une accélération des réformes du secteur énergétique.
Selon un rapport de la Banque mondiale, le Maroc prévoit de porter sa capacité annuelle de dessalement de 377 millions de m³ en 2025 à près de 1,7 milliard de m³ en 2050, afin de faire face à une sécheresse devenue structurelle et à une demande croissante en eau.
L’institution souligne toutefois que cette montée en puissance ne pourra produire tous ses effets sans une gestion plus efficiente de la ressource. Elle recommande notamment de limiter les pertes sur les réseaux de distribution, de renforcer la réutilisation des eaux usées traitées, de protéger les nappes phréatiques et de promouvoir une consommation plus rationnelle de l’eau.
La Banque mondiale attire également l’attention sur les défis énergétiques liés au dessalement. Elle estime que plusieurs projets restent dépendants de l’achèvement des réformes permettant une alimentation plus large des usines par des énergies renouvelables. Les retards dans l’application de certains textes réglementaires limiteraient encore le recours direct à l’électricité verte.
Le rapport cite notamment la future station de dessalement de Casablanca-Settat, qui disposera d’une capacité de 822.000 m³ par jour. Alimentée en partie par un parc éolien de 360 MW, elle devrait néanmoins nécessiter un important apport du réseau électrique national pour couvrir ses besoins.
L’expérience de Chtouka, dans la région de Souss-Massa, est également mise en avant comme exemple d’une gestion intégrée de la ressource. La station de dessalement, mise en service en 2022, alimente à la fois les usages agricoles et urbains afin de réduire la pression sur la nappe phréatique surexploitée.
À l’échelle régionale, la Banque mondiale rappelle que le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord concentrent près de 46 % des capacités mondiales de dessalement. Si cette technologie devient incontournable face à la raréfaction des ressources, elle demeure confrontée à plusieurs défis, notamment son coût énergétique, la gestion des rejets de saumure, les impacts environnementaux et la nécessité d’assurer un financement soutenable.
Pour l’institution, la réussite de la stratégie marocaine passera par une approche globale combinant dessalement, efficacité des réseaux, économies d’eau, réutilisation des eaux usées, développement des énergies renouvelables et protection des ressources naturelles, afin de garantir la sécurité hydrique du Royaume sur le long terme.
Avec Barlamane


