Face à une pression croissante sur les ressources en eau, le Maroc renforce sa stratégie de sécurité hydrique en combinant infrastructures de stockage, dessalement et interconnexion des bassins. À l’occasion de la Journée internationale de l’eau, le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a détaillé les principaux axes de cette approche.
Parmi les projets structurants, 14 barrages sont actuellement en cours de réalisation, portant la capacité nationale de stockage à 20,8 milliards de mètres cubes. Ces investissements visent à améliorer la mobilisation et la régulation des ressources à l’échelle du territoire.
Dans une logique d’équilibre régional, de nouvelles interconnexions entre les bassins du Sebou, du Bouregreg et de l’Oum Er-Rbia sont prévues d’ici la fin de l’année. Ces infrastructures permettront de mieux redistribuer l’eau entre zones excédentaires et déficitaires, renforçant ainsi la résilience du système hydraulique national.
Le dessalement constitue un autre pilier de cette stratégie. La production actuelle atteint environ 350 millions de mètres cubes par an, avec un objectif de un milliard à terme. Plusieurs projets sont en cours ou programmés, dont la future station de Casablanca attendue en 2027 avec une capacité de 200 millions de mètres cubes.
D’autres installations sont prévues à Nador, Tanger, Tiznit et Guelmim-Tan-Tan, avec des capacités significatives, confirmant l’orientation du Royaume vers une diversification de ses sources d’approvisionnement.
Sur le plan conjoncturel, les récentes précipitations ont permis d’améliorer le taux de remplissage des barrages, désormais estimé à 74 %. Ce niveau offre une visibilité de plusieurs années pour l’alimentation en eau potable, tout en contribuant à la recharge des nappes phréatiques.
Par ailleurs, des opérations de gestion des barrages ont été menées pour optimiser leur capacité, notamment à travers l’évacuation des sédiments lors des épisodes de crues.
Dans un contexte marqué par le changement climatique et la variabilité des ressources, cette stratégie vise à concilier sécurisation de l’approvisionnement, gestion durable et équité territoriale dans l’accès à l’eau.
Avec Le360


