La ministre finlandaise de l’Agriculture et des Forêts, Sari Essayah, a effectué une visite de terrain dans la forêt de la Maâmora ce jeudi 26 mars 2026. Entre la pépinière de Dar Salem et les sites de régénération du chêne-liège, le Royaume a dévoilé les ambitions de sa stratégie « Forêts du Maroc 2020-2030 » face au leader européen du secteur.
Le symbole est fort : la Finlande, pays le plus boisé d’Europe (75 % de son territoire), vient s’enquérir de l’expérience marocaine en zone semi-aride. Accueillie par Abderrahim Houmy, Directeur Général de l’Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF), la délégation finlandaise a plongé au cœur de la Maâmora, la plus grande subéraie (forêt de chênes-lièges) au monde, pour une leçon de résilience climatique.
L’usine du vivant : La pépinière de Dar Salem
La visite a débuté par une étape technique cruciale à la pépinière de Dar Salem. C’est ici que se joue l’avenir du reboisement national. Mme Essayah a pu observer les techniques modernes de production de plants, les cycles de vie des essences locales et les systèmes d’arrosage optimisés pour économiser la ressource hydrique.
L’enjeu est de taille : pour réussir sa transition écologique, le Maroc mise sur une production de plants robuste, capable de résister à des conditions thermiques de plus en plus extrêmes.
Objectif 2030 : 50 000 hectares plantés par an
Sur un site de régénération situé à quelques kilomètres, les responsables de l’ANEF ont exposé les piliers de la stratégie « Forêts du Maroc 2020-2030 ». Les chiffres témoignent de l’ampleur du chantier :
Rythme de plantation : 50 000 hectares par an.
Production : Près de 40 millions de plants annuels.
Priorité : Densification des zones dégradées et régénération naturelle assistée.
La ministre finlandaise et l’ambassadrice Marjaana Sall ont joint le geste à la parole en participant physiquement à la plantation de nouveaux chênes-lièges, scellant ainsi symboliquement la coopération bilatérale.
Un échange d’expertises « Nord-Sud »
Bien que les écosystèmes scandinaves et méditerranéens diffèrent radicalement, les points de convergence sont nombreux : gestion durable, inventaire forestier et lutte contre les incendies. « Nous tirons profit de l’expertise de la Finlande, véritable nation forestière », a souligné M. Houmy.
De son côté, Sari Essayah s’est dite « impressionnée » par le travail de l’ANEF, soulignant que la gestion forestière est un levier majeur du développement durable global. Cette visite marque une volonté commune de hisser la coopération maroco-finlandaise à un niveau supérieur, où l’innovation technologique finlandaise rencontre l’agilité marocaine en milieu aride.
Avec MAP


