Pour le Maroc, la question énergétique ne se limite plus à la seule sécurité d’approvisionnement. Elle touche désormais à la compétitivité économique, à l’attractivité industrielle et à la souveraineté nationale. C’est dans cette perspective que la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, a mis l’accent sur un facteur qu’elle considère comme déterminant : le coût de l’énergie.
Dans un contexte international marqué par l’instabilité des marchés, les tensions géopolitiques et l’accélération de la transition climatique, la ministre défend une approche fondée sur la maîtrise des coûts, le développement des énergies renouvelables et le renforcement des infrastructures.
Le Maroc a engagé depuis plusieurs années une transformation progressive de son modèle énergétique. Les énergies renouvelables représentent aujourd’hui une part importante de la capacité électrique installée, et les investissements prévus à l’horizon 2030 visent à accélérer cette dynamique. Une large partie des nouvelles capacités programmées devrait ainsi provenir de sources renouvelables, avec un effort parallèle consacré aux réseaux de transport et de distribution de l’électricité.
Pour Leila Benali, la transition énergétique ne doit pas être perçue comme un facteur de hausse mécanique des prix. Elle estime au contraire que la compétitivité du système passe par une meilleure gouvernance, une modernisation des infrastructures et une réforme du secteur permettant de réduire les coûts structurels.
La ministre souligne, à ce titre, que le principal défi ne réside plus uniquement dans la production d’énergie, mais dans la capacité du réseau à absorber l’augmentation des capacités solaires et éoliennes. Le renforcement du transport électrique, le recours au stockage et l’amélioration du pilotage du système figurent parmi les priorités annoncées.
Elle insiste également sur l’importance de l’intégration régionale, estimant que le Maroc peut tirer parti de sa position géographique pour se consolider comme corridor énergétique entre l’Afrique et l’Europe.
S’agissant de l’hydrogène vert, la ministre met en avant une approche progressive, articulée autour d’un cadre de gouvernance, de foncier mobilisable et d’une logique industrielle tournée notamment vers la production d’ammoniac vert. L’objectif affiché est de faire émerger, à terme, une filière compétitive et structurée.
La question du lien entre énergie et eau figure également au cœur de cette stratégie. Le développement du dessalement est présenté comme un axe majeur pour répondre au stress hydrique, avec l’ambition d’alimenter les futures installations grâce aux énergies renouvelables, afin de limiter le coût de production de l’eau.
Leila Benali reconnaît toutefois que plusieurs contraintes demeurent, notamment en matière de foncier, de délais de réalisation et de mobilisation des compétences. Elle considère que l’un des principaux enjeux reste la capacité d’exécution et l’investissement dans le capital humain.
Concernant le gaz naturel, la ministre affirme que les projets en cours, notamment celui lié au terminal gazier, conservent leur caractère stratégique, tout en faisant l’objet d’ajustements techniques destinés à garantir leur viabilité.
À travers cette lecture, la politique énergétique marocaine apparaît comme une stratégie articulée autour d’un même objectif : disposer d’une énergie compétitive, capable de soutenir le développement industriel, de renforcer la résilience du pays et de consolider sa souveraineté économique.
Source: Maroc Diplomatique


