Le Programme de microfinancements du Fonds pour l’environnement mondial (PMF/FEM), mis en œuvre par le PNUD au Maroc, vient de lancer un appel à projets stratégique destiné à renforcer la coopération Sud-Sud autour de la résilience climatique. Inscrite dans la huitième phase opérationnelle du programme, cette initiative prévoit une subvention pouvant atteindre 150.000 dollars sur une durée de 24 mois et associe le Maroc à au moins onze pays d’Afrique francophone.
L’enjeu dépasse le simple financement de projets locaux. Il s’agit de positionner le Maroc comme un point d’ancrage régional capable de structurer des échanges durables entre organisations de la société civile africaines, en s’appuyant sur plus de vingt-cinq ans d’expérience du PMF. Depuis 2000, le programme a soutenu 229 projets pour un montant global de 7,58 millions de dollars, avec une approche territoriale intégrée reliant protection de l’environnement et amélioration des conditions de vie.
Avec la phase OP8, le PMF change d’échelle. L’objectif n’est plus de multiplier des microprojets isolés, mais de créer des passerelles entre initiatives, de favoriser l’apprentissage entre pairs et de transformer la coopération Sud-Sud en actions concrètes et reproductibles. Les projets attendus devront produire des impacts mesurables, durables et susceptibles d’être répliqués dans différents contextes africains.
Le dispositif repose sur la mise en réseau d’organisations engagées dans la transition écologique, autour de formations collaboratives construites entre le Maroc et ses partenaires. Les thématiques visées couvrent notamment l’agroécologie, la sécurité alimentaire, la valorisation des déchets végétaux et les solutions énergétiques bas carbone. Chaque échange devra déboucher sur des plans d’action opérationnels et sur le montage de projets concrets pouvant bénéficier de financements.
La coopération ne se limitera pas à des rencontres théoriques. Le PMF prévoit de soutenir directement des initiatives issues de ces échanges et de documenter les expériences à travers des supports de diffusion régionale, tels que des reportages vidéo, des guides pratiques bilingues et des plateformes numériques. Les actions pourront s’inscrire dans les paysages prioritaires de la phase OP8, notamment le Parc national d’Al Hoceïma et les écosystèmes méditerranéens, la Réserve de biosphère de la Cédraie dans le Moyen Atlas et le Haut Atlas central autour de la zone d’Oued Lakhdar Ahansal.
L’innovation, l’inclusion et l’impact constituent les principaux critères de sélection. Les projets devront intégrer les femmes, les jeunes et les groupes vulnérables dès leur conception, démontrer un potentiel de mise à l’échelle et mobiliser des partenariats publics et privés. Un cofinancement équivalent à 50% du coût total est requis, dont la moitié en numéraire.
Les organisations marocaines ont jusqu’au 15 mars 2026 pour déposer leurs propositions. À travers cet appel, le PMF/FEM/PNUD ambitionne de consolider le rôle du Maroc comme moteur de la coopération climatique africaine, en misant sur les communautés locales comme leviers d’une transformation écologique durable.
Avec Le Matin


