Les milieux industriels et maritimes turcs manifestent un intérêt appuyé pour la procédure de présélection internationale lancée par le Maroc en vue de l’affrètement d’une unité flottante de stockage et de regazéification de gaz naturel liquéfié (FSRU), destinée au futur port de Nador West Med. Cette opération s’inscrit dans la stratégie nationale de diversification des sources d’approvisionnement énergétique et de réduction progressive de la dépendance au charbon.
Selon des documents officiels relayés par des sources sectorielles, Ankara a mobilisé ses réseaux professionnels afin d’encourager les entreprises turques spécialisées à se positionner sur ce projet structurant. Une circulaire datée du 7 janvier, émanant du secrétariat général des unions des exportateurs d’Istanbul, a été adressée aux membres de l’Union des exportateurs de navires, de yachts et de services, les invitant à participer à la procédure engagée par les autorités marocaines.
Cette démarche s’appuie sur une transmission officielle du bureau du conseiller commercial de Turquie à Rabat, relayée par la direction générale des exportations du ministère turc du Commerce. Les documents soulignent que le ministère marocain de la Transition énergétique et du Développement durable a ouvert une procédure de présélection pour la location, sous forme d’affrètement à temps, d’une unité flottante destinée à assurer la réception, le stockage temporaire et la regazéification du gaz naturel liquéfié au port de Nador West Med.
Le port de Nador West Med, actuellement en phase avancée de réalisation sur la façade méditerranéenne, doit entrer en service au second semestre 2026. Conçu comme un hub industriel et énergétique de grande envergure, il développera à terme près de 800 hectares de zones industrielles, avec une extension potentielle pouvant atteindre 5.000 hectares. Il accueillera le premier terminal marocain de GNL, reposant sur une FSRU reliée par gazoduc aux pôles industriels du nord-ouest du pays.
Les documents turcs mettent en avant un élément jugé favorable par les opérateurs d’Ankara : la participation de sociétés turques à la construction du port de Nador West Med, présentée comme un facteur de familiarité technique et opérationnelle avec le site. Cette infrastructure est appelée à jouer un rôle central dans la sécurisation des approvisionnements gaziers, dans un contexte de montée en puissance du gaz naturel comme énergie de transition, en parallèle au développement des énergies renouvelables.
Au-delà de l’unité flottante elle-même, le projet comprend des obligations techniques étendues. L’opérateur retenu pourrait être chargé de la réalisation de tout ou partie des équipements de surface, notamment les interfaces de quai, les systèmes de raccordement et les équipements annexes. Ces installations devront être remises aux autorités marocaines avant la mise en service, traduisant la volonté de l’État de conserver la maîtrise patrimoniale des infrastructures stratégiques.
L’avis officiel de présélection précise que la procédure vise à restreindre l’accès à la phase suivante aux opérateurs disposant de capacités techniques, financières et opérationnelles avérées. Les exigences portent notamment sur la capacité de stockage, le débit de regazéification, les standards de sécurité et la compatibilité avec les installations portuaires existantes.
Les entreprises intéressées peuvent retirer les dossiers de candidature jusqu’au 30 janvier, date limite également fixée pour le dépôt des offres à 14 heures, heure de Rabat. À travers cette opération, le Maroc poursuit la structuration progressive de son futur système gazier, tandis que la Turquie entend s’y positionner comme un partenaire industriel de premier plan.
Avec Barlamane


